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Dimanche 11 juillet 2010 7 11 /07 /Juil /2010 16:13

Le général Desportes devrait être sanctionné suite à une interview publiée dans Le Monde le 2 juillet dernier. Qu’a-t-il fait pour mériter un tel rappel à l’ordre des hiérarchies militaire et politique d’un pays démocratique ? A-t-il critiqué son gouvernement ? Non. A-t-il remis en cause la stratégie de la France en Afghanistan ? Non. A-t-il appelé à un retrait des forces françaises de ce théâtre ? Non. Aurait-il  critiqué sans ménagement la conduite tactique des opérations menées sur le terrain ? Non. Quelle est sa faute alors ? Avoir mis en avant les tergiversations de la stratégie d’un pays allié, en l’occurrence les Etats-Unis, qui, de facto, minorent les chances de succès de la coalition.

Cette (sur)réaction, en premier lieu de la haute hiérarchie militaire, est d’autant plus surprenante que

-le général Desportes avait, dans une tribune publiée dans Le Figaro le 19 juin, affirmé la nécessité de gagner cette « bataille de l’avant pour la protection de nos modes de vie » ;

-le CEMA (amiral Guillaud) a exhorté, lors d’une allocution tenue le 22 juin, les officiers du Collège interarmées de défense (CID) à s’exprimer sur la place publique : « Le devoir de réserve n’est pas le prétexte à une réserve muette qui, à force d’être muette, devient lâche et in fine irresponsable ! Nous avons notre place dans le débat stratégique. A ce sujet, deux points : nous devons revendiquer - mot devenu syndical malheureusement – notre place dans le débat stratégique. Et nous devons le faire publiquement, surtout pas anonymement. Le courage, c’est aussi le courage moral. C’est celui qui consiste s’exposer, en donnant son propre avis, même si cet avis s’oppose à celui de la majorité ou à celui de ses supérieurs […] Pas de syndrome de la « pensée unique »… « Le feu tue, les idées périmées aussi ! » Foch a raison ! ».

Si l’officier français, vivant dans un système dit démocratique, ne peut même pas s’exprimer sur son cœur de métier, où va-t-on ? Dans les autres grandes démocraties où l’outil militaire reste un enjeu important (Etats-Unis et Grande-Bretagne), ces débats sont courants. Il serait d’autant plus dangereux et paradoxal de vouloir les étouffer aujourd’hui que

-nous reprenons des opérations de guerre,

-nos dirigeants politiques sont de plus en plus éloignés des questions militaires,

-beaucoup de fonctionnaires critiquent, de façon souvent virulente et peu argumentée, leur gouvernement sans risquer une telle mise au ban !

 

C’est pour toutes ces raisons que l’Elan Nouveau des Citoyens, sans considérations sur le fond des articles cités, soutient la liberté d’expression des officiers avec pour seule limite, et in fine, l’obéissance à l’autorité civile légitime.

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Soutien et mémoire
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