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Depuis une quinzaine d’années, la physionomie du monde a profondément changé. Même si celui-ci connaît d’incontestables progrès, il semble avoir perdu ses repères; il est plus que jamais perçu comme instable, incertain et dangereux. Or, cette situation est d’autant plus inquiétante que la vulnérabilité de nos pays peut s’accroître par l’affaiblissement des États dans leur fonction de protection des citoyens et de référence identitaire.

L’avenir de nos sociétés implique à l’évidence un effort de défense nouveau en rapport avec les multiples dangers auxquels elles se trouvent confrontées. Or, on constate l’absence d’une politique de défense d’ensemble permettant de prévoir, de prévenir et de traiter ces situations dans leur contexte et dans la durée.

Les auteurs de la présente étude se sont interrogés sur les raisons de cette situation et sur les moyens d’y remédier. L’étude proposée se limite à une démarche exploratoire et ne prétend pas épuiser le sujet. Elle a pour seule ambition de mettre en évidence des insuffisances et surtout de contribuer à l’amélioration indispensable et urgente de la réflexion de défense.

 

Propositions de "L'Elan Nouveau des Citoyens"

Mardi 27 mars 2007 2 27 /03 /Mars /2007 11:35

La sécurité est l’une des exigences majeures de la population. Sa mise en cause a pour origine un large éventail de risques et menaces. Le risque zéro étant illusoire, l’objectif à poursuivre est de réduire la probabilité d’évènements dangereux et de minimiser leurs conséquences.

 

Il existe de multiples risques de la vie courante dont on a pu prévoir la prise en charge et le traitement. Les réponses apportées reposent sur une culture de sécurité, sur une législation (nationale ou européenne) très élaborée, sur des moyens performants et sur des organisations adaptées. Toutefois, les résultats obtenus demandent à être améliorés par des efforts de recherche, une meilleure organisation des réactions, une exploitation des retours d’expérience plus systématique et plus approfondie, et un effort de prévention et de formation.

 

Il existe ensuite des situations de catastrophe dont la nature ou l’ampleur dépasse les capacités des moyens courants (la frontière entre les deux catégories de risques est cependant floue et évolutive, et ne doit donc pas entraîner de cloisonnement dans la recherche des solutions).

 

La solution la plus sûre est le recours immédiat à des moyens de réserve de proximité. Ceux-ci pourraient être constitués de volontaires bénéficiant de périodes de mise en condition. Cette voie est déjà exploitée ou étudiée dans la plupart des secteurs à vocation sécuritaire. Il est souhaitable d’étendre ces initiatives et de les intégrer dans une politique nationale.

 

A côté des risques, existent les menaces. C’est le cas d’actions violentes délibérées, isolées ou plus ou moins coordonnées, d’ampleur limitée dans l’immédiat mais susceptibles de s’inscrire dans une stratégie plus vaste et plus dangereuse. Les réponses qu’elles nécessitent exigent un effort permanent d’adaptation en raison de la réactivité et de l'habileté des adversaires. L’amélioration des résultats obtenus passe principalement par des efforts d’anticipation et par le développement des systèmes de renseignement et d’investigation, ainsi que par le renforcement de la coopération internationale et notamment européenne.

 

Les menaces « exceptionnelles » regroupent toutes les hypothèses d’agression d’une certaine ampleur mettant directement en cause la sécurité des populations. La réponse à ces menaces est dans la double exigence de prévention et d’action : dissuader les adversaires potentiels de s’en prendre à notre pays et être capable de s’opposer efficacement à leur agression.

Par Pôle Défense - Publié dans : Principaux axes projet de l'Elan
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Lundi 26 mars 2007 1 26 /03 /Mars /2007 11:45

Le poids géopolitique des pays européens les conduit à bâtir une capacité de dissuasion militaire, à terme commune, à partir de l’exploitation des technologies les plus avancées, la mise sur pied d’une force de réaction rapide et l’organisation de réserves.

 

Ce poids doit pouvoir être renforcé par la solidarité avec d’autres puissances militaires, notamment  des Etats-Unis. D’où la double nécessité d’un renforcement de l’OTAN, et de l’instauration d’une véritable communauté de défense européenne.

 

Il apparaît ainsi une articulation logique entre les deux finalités de la puissance militaire: la finalité dissuasive, qui devra, au moins à terme, être considérée essentiellement au niveau européen, et d’autre part la protection de la population qui restera prioritairement du ressort des États.

 

Outre la puissance militaire proprement dite, deux autres éléments sont à conforter.

 

D'abord l’information sur les menaces. En la matière, la coopération internationale et notamment européenne doit être recherchée. D'autre part, il faut il ne faut pas négliger l'impact d'une diplomatie fondée sur la sauvegarde des intérêts majeurs à moyen et long terme de notre pays et des pays de l’Union.

 

Enfin, dans nos régimes démocratiques, toute politique de défense repose sur l'assentiment de la population. Cela impose la sensibilisation du citoyen à la défense à travers l’éducation civique et une information convenable de la population sur l’évolution des menaces.

Par Pôle Défense - Publié dans : Principaux axes projet de l'Elan
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Dimanche 25 mars 2007 7 25 /03 /Mars /2007 12:37

La mondialisation et le développement des technologies ont bouleversé les données du problème. L’économie voit désormais son espace s’étendre à la planète entière ; elle met en jeu un nombre croissant d’acteurs (États, régions, multinationales, ONG, mafias,…) autonomes et opérant à travers une multitude de réseaux souvent complexes et difficilement identifiables. Ces mutations économiques ont accentué la vulnérabilité de nos pays qui se trouvent désormais confrontés à une conjoncture internationale incertaine, instable et dangereuse.

 

Dans ce contexte de guerre économique permanente et sans pitié, nos collectivités ont l’obligation de construire leur défense économique. Il s'agit de sauvegarder notre niveau de développement économique et de s’assurer les capacités de l’améliorer (en conformité avec le projet politique). A plus long terme, il faut s'engager activement en faveur de l'assainissement de l'économie mondiale.

 

Si la mondialisation a tendance à affaiblir les États face à la montée des puissances financières et économiques, et si une synergie public/privé sera nécessaire, la responsabilité du pouvoir politique reste majeure en ce domaine. Cependant, les importantes mutations que doit subir notre système économique doivent être conduites avec l’adhésion des citoyens. Le pouvoir politique doit donc déterminer un programme d’action pertinent et l’expliquer aux citoyens. Pour être efficace, cette politique doit s’appuyer sur une vision globale et prospective mettant en évidence les différentes hypothèses d’évolution de l’économie mondiale et de l'ensemble des acteurs économiques.

 

Enfin, la guerre de l’information sévit désormais dans le domaine de l’économie. La réalisation d’une défense économique efficace exige la mise en place d’un système performant de recueil et de recherche de l’information, à la fois au niveau national et au niveau européen.

 

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Samedi 24 mars 2007 6 24 /03 /Mars /2007 17:15

L'importance de l'information donne à celle-ci une place privilégiée dans la réflexion sur la défense : la manipulation de l’information peut avoir des effets néfastes et une des premières conditions du succès tient à la bonne connaissance de l'adversaire.

 

Les progrès scientifiques et techniques des cinquante dernières années ont donné un rôle prépondérant à l’information et à la communication. Cette évolution présente plusieurs aspects négatifs. En premier lieu, les systèmes délivrent en temps réel une profusion d’informations difficiles à exploiter ; en outre, la rapidité avec laquelle elles se succèdent ne permet pas une analyse réfléchie des données. Par ailleurs, ces technologies confèrent un nouveau pouvoir à ceux qui en ont la maîtrise ; et offrent, en outre, un vaste champ d’action encore très mal réglementé à tous ceux qui veulent en abuser.

 

Face à cette évolution, nos sociétés démocratiques qui privilégient la liberté d’expression et le droit à l’information apparaissent particulièrement vulnérables. Il est donc nécessaire de protéger le citoyen et de le rendre capable de comprendre les messages et leurs sous-entendus.

 

Il s’agit ensuite de se donner, en matière d’information et de communication, une stratégie conforme au projet politique, et les moyens de la mettre en œuvre.

 

Pour atteindre ces objectifs, il est proposé de recourir à la formation adaptée des citoyens, la construction d'une relation de confiance entre les citoyens et l’État, la mise en place d’une stratégie nationale puis européenne, le renforcement des moyens de renseignement, et une adaptation des organisations et des modes d’action.

 

Par ailleurs, l’obtention de certaines informations cachées est stratégiquement indispensable, de même que la protection de nos données confidentielles, de nos réseaux de communication et la lutte contre la manipulation des informations. Tous les acteurs doivent être conscients que le pays est engagé dans une guerre de l’information permanente. Celle-ci, pilotée stratégiquement au plus niveau de l’État, concerne notamment la défense, l’économie, les développements technologiques, les relations internationales et l’information elle-même.

 

Elle repose sur des services spécialisés mettant en oeuvre des matériels de haute technologie, des moyens humains adéquats, des organismes (publics ou privés), des entreprises et des citoyens, susceptibles de recueillir des informations recherchées. Cela suppose d’organiser une sensibilisation des intéressés et la définition de partenariats mutuellement profitables.

 

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Mardi 20 mars 2007 2 20 /03 /Mars /2007 19:25

L’identité des citoyens constitue une dimension prioritaire de la réflexion sur la défense. Elle représente l’appartenance à des groupes humains et l’attachement aux liens qui forgent la cohésion spécifique de ces groupes.

 

L’identité nationale se fonde sur un ensemble d’éléments communs, dont les plus importants sont les valeurs humanistes, les principes républicains, l’histoire, le patrimoine culturel et linguistique, les modes de vie et les modes de pensée. Ces éléments d’identité ne sont pas figés et ne sont pas d’importance égale. Certains, les plus fondamentaux, constituent des invariants, les autres sont susceptibles d’évolutions plus ou moins rapides.

 

Les identités nationales se trouvent confrontées à la profonde mutation que représente la mondialisation. Les frontières ont perdu une bonne part de leur fonction de rempart identitaire. La mise en cause des principes républicains et de l’intégration à la française, avec le développement des communautarismes, est également une menace pour notre identité. Notons aussi que certains comportements assez répandus, tels que l’individualisme, la démission, l’autodénigrement sont de nature à porter préjudice à l’identité. Enfin, la construction européenne pose la question de l’émergence d’une citoyenneté européenne.

 

L’identité mérite une attention particulière car elle est le moteur de l’esprit de défense. Elle recouvre une réalité complexe que les évolutions du contexte ont singulièrement brouillée.

 

Il revient d’abord au politique de définir un socle clair de références identitaires. Il incombe ensuite aux éducateurs de transmettre aux jeunes générations ce référentiel identitaire et de leur inspirer la fierté d’appartenir à leur pays. Dans le prolongement de cette action, il importe que l’État s’attache à entretenir ce sentiment identitaire, notamment à travers les médias publics.

 

L’identité se renforcera aussi en s’affirmant vis-à-vis de l’extérieur. Dans cet esprit, il y a lieu de développer la francophonie et de favoriser le rayonnement de notre culture.

 

Enfin, il est indispensable de lutter contre tout ce qui mine les fondements de l’identité nationale, en assurant le respect des principes républicains.

 

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Jeudi 15 mars 2007 4 15 /03 /Mars /2007 19:37

Dans un monde dominé par les rapports de force, notre pays et l’Union européenne ne peuvent garder la maîtrise de leur destin que s’ils occupent dans le concert des nations une place conséquente. Dans ce contexte, notre pays et l’Union européenne ont des atouts certains liés à leur histoire, à leur prospérité, à leur rayonnement, mais ils ont aussi des handicaps sérieux comme leurs divisions, l’absence de vision prospective et de volonté politique ainsi que leur faible capacité de résistance face aux agressions extérieures. Il est impératif de réagir pour enrayer le déclin prévisible et déjà amorcé de leur poids sur la scène internationale. La taille de notre pays ne lui permet pas d’acquérir seul un rôle déterminant dans le concert des nations. Il est donc nécessaire de raisonner à l’échelle de l’Union européenne.

 

Partant d’une vision humaniste et solidaire de l’avenir du monde, l’Union doit élaborer une politique étrangère commune et s’investir en faveur des droits de l’homme, de la paix, de la démocratie et de la justice sociale. Une telle diplomatie sera de nature à accroître l’audience de l’Union et à faire de celle-ci un des pôles majeurs de l’organisation multilatérale de demain.

 

Parallèlement à la diplomatie, plusieurs autres éléments contribuent à avoir un impact sur les relations internationales.

 

Un niveau efficient de puissance militaire est requis pour permettre à notre pays et à l’Union européenne de dissuader tout agresseur potentiel de s’en prendre à nous, de jouer un rôle déterminant dans les situations mettant en cause nos intérêts, et de participer au règlement des crises internationales.

 

La puissance économique constitue l’un des atouts majeurs de l’Union qui doit élaborer des politiques à long terme pour développer le niveau actuel de prospérité tout en limitant la concurrence naturelle entre les états de l’Union.

 

Le niveau technologique est aussi un facteur déterminant tant de la puissance économique que de la puissance militaire et de la maîtrise de l’information. Il importe donc d’accorder une nouvelle priorité à la recherche et d'élaborer, au niveau de l'Union, une planification et une coordination des efforts des différents états, mais également des secteurs publics et privés.

 

Enfin, le rayonnement culturel constitue un atout majeur de la France et de l’Union européenne qu'il importe de consolider et de développer.

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Samedi 10 mars 2007 6 10 /03 /Mars /2007 19:53

L’analyse des besoins de défense a été conduite par domaine pour des raisons de lisibilité, mais seule une approche globale des problématiques de défense peut en permettre une juste appréhension. L’acquisition de tout ce savoir se fonde sur l’existence d’un certain nombre de structures d’analyse et de synthèse ayant pour vocation l’exploitation des informations, l’appréciation des situations par recueil, la détermination des risques et menaces à prendre en compte et l’élaboration des parades à leur opposer.

 

Ces structures s’articulent en plusieurs niveaux distincts, qu’il s’agisse de l’expertise d’un secteur particulier ou d’un domaine pluridisciplinaire. Au plus haut, le niveau politique a vocation à proposer des orientations et des décisions. Elles doivent (au moins pour celles qui relèvent de l’État ou bénéficient de fonds publics) s’astreindre à appliquer quelques principes fondamentaux que sont le respect du projet politique, la prise en compte de la dynamique des évènements, le travail en réseau avec les autres structures et l’indépendance de ses membres.

 

Il paraît enfin essentiel de se prémunir contre une confusion des niveaux, qui tendrait à transférer aux experts la responsabilité des politiques.

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