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Depuis une quinzaine d’années, la physionomie du monde a profondément changé. Même si celui-ci connaît d’incontestables progrès, il semble avoir perdu ses repères; il est plus que jamais perçu comme instable, incertain et dangereux. Or, cette situation est d’autant plus inquiétante que la vulnérabilité de nos pays peut s’accroître par l’affaiblissement des États dans leur fonction de protection des citoyens et de référence identitaire.

L’avenir de nos sociétés implique à l’évidence un effort de défense nouveau en rapport avec les multiples dangers auxquels elles se trouvent confrontées. Or, on constate l’absence d’une politique de défense d’ensemble permettant de prévoir, de prévenir et de traiter ces situations dans leur contexte et dans la durée.

Les auteurs de la présente étude se sont interrogés sur les raisons de cette situation et sur les moyens d’y remédier. L’étude proposée se limite à une démarche exploratoire et ne prétend pas épuiser le sujet. Elle a pour seule ambition de mettre en évidence des insuffisances et surtout de contribuer à l’amélioration indispensable et urgente de la réflexion de défense.

 

Propositions de "L'Elan Nouveau des Citoyens"

Mercredi 22 juillet 2009 3 22 /07 /Juil /2009 00:13
Message de Monsieur Jacques DIEU, Secrétaire général Amicale mémoire du réseau GALLIA, à l'attention des membres du blog Elan Défense :

J'ai le plaisir de vous faire connaître que nous venons de créer un site pour rendre hommage aux 4 500 agents de renseignement de la France Libre (Seconde guerre mondiale) : reseaugallia.org

Probablement des personnes sont intéressées par cette base de données pour retrouver un ascendant ; pouvez-vous les informer.

Cordialement, Jacques DIEU Secrétaire général Amicale mémoire du réseau GALLIA
   
Par Raphael Anton - Publié dans : Soutien et mémoire
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Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /Juil /2009 23:15
Face à la complexité des opérations actuelles, quelle est la place du chef militaire ? L'extension physique des PC, l'introduction massive de nouvelles technologies (systèmes d'information,...) et la lourdeur de la planification, le contexte multinational des forces, l'intrusion grandissante du politique, du juridique et de la communication permettent-ils au chef militaire de conserver sa liberté d'action pour gagner sur le terrain ou est-il à la tête de forces qui doivent "combattre dans un magasin de porcelaine sans casser une assiette" ?

Un nouveau document, rédigé par un groupe de travail, tente de répondre à ces questions.

Télécharger le document en PDF >>

  
Par Patrice Huiban - Publié dans : Réflexions
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Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /Juil /2009 23:02
La guerre de l’information n’est pas un concept récent mais aussi classique que l’art de la guerre lui-même. Il existe donc un parallèle entre les principes qui ont gouverné les anciennes formes de conflits et les nouveaux aspects d’une confrontation basée sur l’information et sa circulation. Les concepts traditionnels sont ceux donnés par Sun Tzu dans L’art de la guerre. Ces concepts sont, par conséquent, à réactualiser suite aux récentes avancées technologiques des systèmes d’information et de communication (SIC) qui véhiculent de nouvelles menaces pour notre sécurité nationale et notre économie.

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Par Patrice Huiban - Publié dans : Réflexions
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Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /Avr /2009 20:42

Un article de Patrice Huiban, Commandant de l'armée de Terre, dans "Le Casoar" d'avril 2009, la revue de l'association "La Saint-Cyrienne" regroupant les anciens élèves de l'Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr...

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Par Raphael Anton - Publié dans : Réflexions
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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 15:23

Parler d’engagement, pour un militaire, revient à parler d’un thème consubstantiel à sa vocation. Si cette notion peut revêtir un aspect très fort, mutilant et destructeur à travers la notion de sacrifice moral, physique pouvant aller jusqu’au don de sa vie, il revêt aussi et au quotidien un aspect positif, source de performance et de bien-être à travers le sentiment de servir des valeurs communes ciment d’une société et de faire partie d’un être collectif où chacun a un rôle important voire déterminant à jouer.

 

Si la notion grecque de « Philia » (amitié) est répandue chez l’Homme et le pousse à se regrouper, à vivre avec ses congénères en société, elle est encore plus forte chez le militaire pour qui les fondements de son métier sont indissociables de la société qu’il sert et qu’il représente. Pas de militaires sans corps social et, historiquement, pas de corps social sans militaires pourrait-on dire.

 

Si la notion même de militaire est indissociable de la notion d’engagement, en quoi cette dernière peut-elle être chez lui une source de performance et de bien-être et non une contrainte ?

 

Tout dépend ici de la « santé morale » de la société qu’il représente car le militaire n’est qu’un outil au service du politique dont la mission est, normalement, de servir l’intérêt général de cette société et donc le bien-être de ses citoyens. D’emblée, on ne peut comparer l’engagement d’un militaire dans une démocratie d’un militaire servant dans un autre régime (népotique, monarchique, oligarchique,…).

 

Dans une société démocratique saine, le sentiment de servir l’intérêt général du corps social et non des intérêts particuliers est un puissant facteur de motivation et de satisfaction individuel comme collectif. Même s’il n’est pas l’unique clef du succès sur le champ de bataille, ce sentiment renforce l’endurance morale et psychologique. Dans le cas français, cet engagement au service de la société est présenté comme suit auprès des militaires de l’armée de Terre1 : « L'armée de Terre française est une communauté d’hommes et de femmes qui peut exiger de chacun, dans des situations extrêmes, un engagement total au service de la mission. Cette singularité impose, pour inspirer l'action, de disposer de convictions fondées sur des références assurées […]. Une telle institution reste aujourd'hui nationale, même si on assiste à l'émergence de solidarités élargies entre les peuples. Dans le même temps, l'Europe se construit comme une ardente obligation. Pourtant, la Nation reste bien le cadre d'une communauté de destin des hommes et des femmes qui la composent. Pour la France, cette communauté offre la particularité de se définir, dans la République, en référence à des valeurs universelles qu'elle a contribué à promouvoir, bien traduites par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et synthétisées dans sa devise même. C'est dire si cette référence à la Nation se démarque de tout nationalisme étroit et transcende les appartenances particulières, notamment de nature ethnique, sociale ou religieuse, qu'elle a au contraire vocation à fédérer. Tel est l’un des fondements où l'institution militaire puise à la fois son  sens et sa légitimité ».

 

Cependant, ces valeurs fortes, nationales, si elles sont un gage de bien-être pour le soldat dans sa relation avec ses concitoyens, ne peuvent, à elles seules, être source de performance. En effet, à côté de la qualité de l’instruction dispensée et de la notion de discipline, un facteur est déterminant sur le champ de bataille : la cohésion de ce que l’on appelle en sociologie de l’organisation le « groupe primaire », c’est-à-dire le groupe où tout le monde se connaît, ce qui va ici de l’équipe (3 à 4 personnes) à la compagnie (environ 100 personnes). Si le sentiment de défendre son corps social pousse à aller au combat, il ne suffit pas lorsque le champ de la conscience se rétrécit et se focalise sur sa survie dans l’action. Ce qui permet aux hommes de tenir dans l’horreur du champ de bataille, c’est la cohésion, la fraternité de ces petits groupes. Ainsi, pendant la guerre des Malouines, les soldats argentins sont partis au front avec un fort soutien populaire. Cependant, une fois sur place, la faible cohésion des petits groupes, notamment entre sous-officiers, officiers et soldats, a fini par faire craquer l’armée argentine. A l’inverse, on s’est toujours étonné de la combativité de l’armée allemande jusqu’au début avril 1945 alors que tous savaient la partie perdue. La cohésion de ses petits groupes, gagée par la qualité de l’encadrement, était très forte. La répression du régime ne peut expliquer à elle seule la combativité de ces entités, souvent isolées et pouvant se rendre aux troupes alliées à l’Ouest avec l’assurance d’un bon traitement.

 

De façon globale, les valeurs de la société et la fraternité au sein de la troupe forment ce que l’on appelle « l’esprit de corps » dont la santé est le garant de la performance de l’institution et de son bien-être comme de celui de chacun de ses membres. Cet « esprit de corps » est présenté comme suit au sein de l’armée de Terre française : « Dans l'institution, la spécificité militaire expose à des situations extrêmes qui, le plus souvent, ne peuvent être dominées - au-delà des ressorts individuels - sans dépassement dans un être collectif qui hausse le soldat au-delà de ses inclinations propres. C’est l'adhésion à une identité collective puissante, faite d'esprit d'équipe, de solidarité, de confiance dans le chef, en bref, c'est « l'esprit de corps », tel qu'on le voit particulièrement à l'oeuvre dans ce coeur de l'armée de Terre qu'est le régiment. Toute l'histoire militaire, y compris les expériences opérationnelles récentes, en témoigne. Or, ce dépassement de soi dans un être collectif pourrait aujourd’hui se heurter à des aspirations individuelles puissantes qui sont l'une des caractéristiques des sociétés modernes. Ainsi se trouve posé le problème de la primauté du collectif sur l'individuel, autre caractéristique forte de l'exercice du métier des armes qui découle de sa nature même. Mais, bien loin d'être réductrice et mutilante, cette primauté permet au contraire de surmonter les difficultés identifiées ci-dessus, dès lors qu’elle s'exprime le mieux par « l'esprit de corps » : au sein du corps de troupe, celui-ci inspire en effet des individus libres dont il assure la convergence des efforts. La discipline en est certes l'un des ciments, mais doit y concourir tout autant un lien affectif puissant fait de respect et de solidarité. L’ensemble constitue la fraternité d’armes et s'entretient dans la camaraderie militaire ».

 

Au niveau de chaque militaire de l’armée de Terre française, ce cadre éthique est résumé par un code déontologique appelé le « code du soldat » dont voici les principes :

 

-Au service de la France, le soldat lui est entièrement dévoué en tout temps et en tout lieu.

 

-Il accomplit sa mission avec la volonté de gagner et de vaincre, et si nécessaire au péril de sa vie.

 

-Maître de sa force, il respecte l’adversaire et veille à épargner les populations.

 

-Il obéit aux ordres, dans le respect des lois, des coutumes de la guerre et des conventions internationales.

 

-Il fait preuve d’initiative et s’adapte en toutes circonstances.

 

-Soldat professionnel, il entretient ses capacités intellectuelles et physiques et développe sa compétence et sa force morale.

 

-Membre d’une équipe solidaire et fraternelle, il agit avec honneur, franchise et loyauté.

 

-Attentif aux autres et déterminé à surmonter les difficultés, il œuvre pour la cohésion et le dynamisme de son unité.

 

-Il est ouvert sur le monde et la société et en respecte les différences.

 

-Il s’exprime avec réserve pour ne pas porter atteinte à la neutralité des armées en matière philosophique, politique et religieuse.

 

-Fier de son engagement, il est toujours et partout un ambassadeur de son régiment, de l’armée de Terre et de la France.

 

Ainsi, beaucoup plus que la technicité des armes, ce qui détermine la performance d’une armée est son degré de bien-être collectif et individuel à travers sa légitimité au sein de la société et sa cohésion interne. Voilà pourquoi il fait bon vivre au sein de l’armée de Terre française. Voilà pourquoi tant de jeunes s’y engagent et y restent, voilà pourquoi cette institution est encore pour beaucoup une « école de la vie » et un ascenseur social car on juge les individus non pas sur leurs origines ou uniquement sur la valeur de leur diplômes mais sur leur sens de l’engagement et du collectif ce qui, en retour, donne du bien-être à chacun de ses membres et fait du tout un outil performant. Ainsi, en 2008, des soldats français sont tombés dans le district de Surobi, à l’Est de Kaboul, après des combats acharnés, sans esprit de recul. Voilà pourquoi d’autres sont venus en renfort, sans hésitations, pour reprendre le terrain perdu après plusieurs heures de combat, loin de leurs terres et de leur famille, juste pour défendre l’honneur de la France et les valeurs qu’elle porte.

 

1) L’exercice du métier des armes dans l’armée de Terre : fondements et principes, Etat-major de l’armée de Terre, Paris, 1999.


 

Patrice HUIBAN, Officier Supérieur de l'Armée de Terre

Par Patrice Huiban - Publié dans : Réflexions
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Mardi 7 août 2007 2 07 /08 /Août /2007 11:01

L’agenda commence à se préciser.

En ce qui concerne notre pays, le nouveau chef de l’Etat a écrit à monsieur Jean-Claude Mallet, Conseiller d’Etat, ancien Secrétaire général de la défense nationale, le 31 juillet dernier, qu’il souhaitait disposer d’un nouveau Livre blanc au début du mois de mars 2008. Dans la lettre de mission, très précise, qu’il lui a adressée, il lui demande «  d’engager une réflexion approfondie sur notre politique générale de défense » et  de s’appuyer sur une Commission dont la composition a fait l’objet d’un communiqué de la Présidence de la République daté également du 31 juillet. Ce Livre blanc devra porter sur les domaines de la défense et de la sécurité pen dant une quinzaine d’années. Encore faut-il définir ces deux concepts de plus en plus souvent associés alors qu’ils n’ont pas le même sens. Si la défense consiste à sauvegarder l’intégrité du territoire, son indépen dance, ses intérêts vitaux, ses valeurs, et si, comme le précisait le projet de traité constitutionnel pour l’Europe,  la sécurité a pour objet de préserver la paix, prévenir les conflits, alors il faut le dire. S’il s’agit d’associer la défense contre un ennemi extérieur et la sécurité intérieure, c’est à dire essentiellement la menace terroriste, il faut le préciser. Après avoir évalué les risques et menaces pour nos ressortissants de Métropole et de l’étranger, ce document devra répondre à la question de s’avoir comment garantir l’indépen dance de notre pays et la préservation de nos intérêts stratégiques. Il devra évoquer « l’évolution de nos alliances, de nos accords de défense, des conditions d’emploi de nos armées en opérations extérieures, de notre contribution à la dimension européenne de notre politique de défense et de sécurité et de notre contribution à la sécurité de l’Alliance atlantique. » Le Livre blanc devra examiner la crédibilité de notre force de dissuasion, préciser le format de nos armées, l’organisation de la défense civile et de la défense économique et se préoccuper de savoir  comment renforcer le lien entre la Nation et ses armées. C’est donc bien à l’ensemble des problèmes que la Commission devra répondre avec le souci de s’inscrire dans un effort budgétaire qui ne dépasse pas 2% du PIB et dans le respect de la révision générale des politiques publiques mise en chantier. Enfin, le Chef de l’Etat, qui fait de l’Europe de la défense une priorité, invite la Commission à « échanger » avec nos principaux partenaires européens. Un rapport d’étape, à la fin de l’année 2007, fournira déjà des informations sur les grandes orientations proposées sur ce très vaste sujet. Il faut rappeler que le précédent Livre blanc date de 1994 et que depuis, les armées ont connu de profondes mutations avec la professionnalisation, la suspension de la conscription, la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) et l’évolution du statut des militaires. Un nouveau Livre blanc s’impose si l’on veut donner plus de cohérence aux lois de programmation militaire (la dernière se terminera en 2008) et mettre fin à une dérive du coût des équipements qui fait prendre en permanence une année de retard sur les objectifs, sans parler du respect des standards OTAN.

Sur le plan européen, l’absence de constitution n’a pas empêché la PESD de progresser sur la base du traité de Nice pourtant si décrié par ailleurs. Un plan de développement des capacités clarifie les ressources des membres de l’UE et  l’Agence européenne de défense progresse dans le domaine de la recherche et des réalisations communes. « Le verre n’est pas à moitié vide » ! Bref, les pays membres, certains au moins, se concertent, signent des accords, éditent des règles communes, adoptent des concepts, approuvent des plans. Il faut maintenant passer aux actes, c’est-à-dire budgéter, financer, ce que certains Etats membres n’ont pas l’intention de faire. Il faut donc, pour cela, que la conférence intergou vernementale (CIG), chargée de la rédaction du « traité modificatif », crée des « coopérations structurées permanentes » ouvertes et définisse clairement une politique commune de défense. Si la " clause d’assistance mutuelle en cas d’agression " , qui figurait dans le texte de 2004, et " la clause de solidarité " face à la menace terroriste, n’étaient pas conservées ou rédigées de manière ambiguë, une nouvelle occasion serait manquée de faire avancer l’Europe de la défense. Il faut bien admettre que certains Etats ne peuvent, et ne veulent, financer des efforts supplémentaires en matière de défense et de sécurité. Ces deux concepts étant d’ailleurs encore mal définis. Il faut en tenir compte et que le texte prévoit qu’ils pourront dans l’avenir entrer dans le cercle de la « coopération structurée permanente » qui ne sera pas définitivement fermé. L’Europe de la défense n’est pas la défense de l’Europe. Au sommet d’Helsinki, les Etats membres s’étaient donnés comme premier objectif de pouvoir projeter, en 2003, 60 000 hommes, en moins de deux mois, sur un théâtre extérieur. Depuis, treize Groupements tactiques interarmées de 1500 hommes ont été opérationnels dans un concept qui a évolué. La feuille de route reste « les missions de Petersberg, c’est-à-dire des missions humanitaires, d’évacuation de ressortissants, de maintien de la paix et des missions de combat dans la gestion des crises. L’Union européenne se dote petit à petit d’institutions politiques et militaires et « d’une vision à long terme » qui pourrait prendre un jour prochain le caractère d’un Livre blanc européen.

Il reste que pour la défense de l’Europe, très exigeante en ressources, c’est « Berlin plus », c’est-à-dire la mise à disposition des moyens de l’OTAN qui interviendraient sous commandement américain. Dans ce domaine très sensible, il faudra bien également clarifier l’évolution de l’OTAN, les contributions, le financement, les missions. La Commission Mallet a « du pain sur la planche » avant de pouvoir fournir au Chef de l’Etat une vision la plus claire possible de ce que devra être son angle de marche dans ce domaine. Il a dit, dans son discours prononcé à l’Ile Longue, le 13 juillet, qu’il était très conscient de sa responsabilité et qu’il ne parlerait pas « seulement avec des éléments de langage » quand il s’agit de  « la sécurité de notre pays, sa priorité absolue ».

 

 

Michel Desmoulin

Par Michel Desmoulin - Publié dans : Réflexions
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Samedi 31 mars 2007 6 31 /03 /Mars /2007 10:16

La montée des dangers de toute nature et les mutations liées à la mondialisation confère à la notion de défense une dimension et une importance nouvelles. Or les citoyens ne perçoivent pas clairement ce qu’est notre défense nationale et il existe de nombreuses interrogations sur l’intérêt d’une défense européenne.

 

 

 La défense vise à sauvegarder une identité, des valeurs, une culture et des conditions de vie auxquelles la collectivité nationale est profondément attachée. Les évolutions récentes et prévisibles du monde appellent à un renforcement de notre vigilance et à un renouveau de notre politique de défense.

 

 

 Une défense efficace se fonde sur trois composantes indissociables qu’il faut développer de façons cohérentes :

 

 

 - une volonté de défense. Dans une société démocratique, cette volonté est celle du peuple. Il faut donc lui permettre de mieux appréhender la nécessité et les enjeux d’une défense.

 

 

 - les moyens adaptés à la diversité des risques et menaces envisageables.

 

 

 - une autonomie de décision, permettant l’engagement de ces moyens en cas de besoin.

 

 

 L’approche de la défense doit être globale et prospective. Elle doit prendre en compte l’ensemble des menaces envisageables et ne pas se limiter à la résolution des seuls problèmes du moment.

 

 

 

Par Pôle Défense - Publié dans : Principaux axes projet de l'Elan
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Vendredi 30 mars 2007 5 30 /03 /Mars /2007 10:50

La question de la posture internationale sous-tend celle de la place de la France dans l’Europe et celle de la place de l’Europe dans le monde. La France doit proposer l’objectif d’une Europe disposant d’une puissance politique, militaire et économique.

 

Les objectifs d’une défense européenne doivent découler du projet politique européen, qui doit définir notamment la place de l’Europe dans le concert des nations et son rôle sur la scène internationale.

 

Dans l’attente d’un tel projet, deux formules antinomiques peuvent être imaginées :

 

- Celle qui semble prévaloir aujourd’hui donnerait à l’Europe la capacité d’être présente dans les interventions internationales sous responsabilité de l’ONU, de l’OTAN ou des États-Unis ; d'un volume très limité, cette participation ne permet pas à l’Europe d'avoir un rôle déterminant dans le choix des objectifs et dans la conduite des opérations.

 

- Une autre formule serait de faire de l’Europe une véritable puissance militaire, un partenaire crédible des grandes puissances et une alternative aux États-Unis dans la résolution des crises internationales. C’est cette dernière solution que nous défendons.

 

La construction d’une défense européenne se heurte en particulier au refus de certains pays, attachés à leur neutralité ou s’en remettant pour leur défense à la seule OTAN. Il faudra donc construire cette défense européenne à partir du noyau dur de quelques pays liés par une forte solidarité de défense. La réalisation d’une défense européenne suppose de la part des états participants une volonté d’aboutir et une vision commune de l’objectif à atteindre. Cette vision doit comprendre la place de l’Europe de la défense par rapport à l’OTAN, et le rôle de l’armement nucléaire.

 

L’inexistence actuelle d’un objectif de défense européenne à la fois clair et consensuel et les délais qui seraient nécessaires pour l’atteindre imposent de privilégier dans une période de transition des défenses nationales fortes.

 

En outre, la réalisation d’une défense européenne, quelle qu’elle soit, ne supprimera pas la nécessité de défenses nationales pour les besoins de sécurité particuliers à chacun des États. Une articulation entre défense européenne et défenses nationales devra alors être trouvée.

Par Pôle Défense - Publié dans : Principaux axes projet de l'Elan
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Jeudi 29 mars 2007 4 29 /03 /Mars /2007 10:59

Nos sociétés se trouvent soumises à une multiplicité de dangers : menaces militaire directes ou asymétriques, catastrophes naturelles, écologiques ou technologiques, mais également risques socio-économiques ou idéologiques. La défense se doit de prendre en compte l’ensemble des dangers envisageables, dans leur contexte et leurs perspectives d’évolution.

 

 

La politique de défense adoptée par le pays doit découler de son projet politique. Celui-ci définit l’avenir que la société entend se donner et constitue le mandat que les citoyens confient à leurs dirigeants. Ce projet n’a de sens que s’il est cohérent, compris et approuvé par l’ensemble des citoyens, et suivi dans son exécution.

La défense a pour vocation de protéger la collectivité nationale et ses intérêts et a la charge de garantir les conditions de réalisation du projet politique du pays.

 

 

Il existe deux hypothèses opposées en matière de programme politique de défense : la première, correspond à une mobilisation des atouts du pays au service d’une grande ambition nationale et européenne ; dans la seconde, le pays renonce à un rôle politique international majeur et s’en remet pour sa sécurité aux organisations et puissances extérieures.

 

 

Par Pôle Défense - Publié dans : Principaux axes projet de l'Elan
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Mercredi 28 mars 2007 3 28 /03 /Mars /2007 11:17

L’avenir que veut se donner la communauté nationale doit s’exprimer par des objectifs à court et long termes, concrets et réalistes, compatibles avec les moyens d’action du pays et avec le contexte international.

 

 Celui-ci a enregistré deux mutations majeures : la mondialisation et l’émergence d’une Union européenne. La mondialisation se traduit par un décloisonnement et une structuration différente de notre monde. Ce phénomène doit donc être encadré par la politique. Au niveau européen l’édification d’une Europe politique a du retard sur la construction d’une Europe économique. Il est donc essentiel de rendre sa véritable place à la politique et de se fonder sur une vision à long terme, traduite par un véritable projet.

 

 Le projet politique national ne se conçoit qu’en harmonie avec le projet politique européen. Toutefois comme ce dernier devra se nourrir des projets nationaux, la France se doit d’élaborer le sien sans attendre.

 

 La politique de défense à élaborer suppose un haut degré d’autonomie de décision et d’action. Celle-ci s’exprime sous le double aspect de la puissance et de l’influence.

 

 La politique de puissance apporte à notre pays un certain niveau d’autonomie de décision et d’action. Elle doit inspirer le respect, permettre d’assurer la sauvegarde des intérêts vitaux, dissuader les acteurs malveillants de s’en prendre à la collectivité nationale et enfin peser efficacement dans la résolution des crises internationales.

 

 La dimension européenne est un multiplicateur de puissance. Notre pays a donc intérêt à favoriser l’émergence d’une véritable puissance politique européenne, en veillant à y conserver un poids et une liberté d’action conformes à ses ambitions.

 

La politique d'influence est complémentaire de la précédente. Il s’agit de cultiver le prestige, le rayonnement et l’autorité morale de notre pays.

 

Il existe trois critères déterminants pour une véritable politique de défense: savoir, vouloir, pouvoir.

 

Savoir correspond à la fonction information et requiert la définition d’une stratégie du renseignement incluant les moyens (humains et technologiques) et les méthodes les plus variées.

 

Vouloir suppose une détermination claire des dirigeants fondée sur une adhésion sans faille de la population.

 

Enfin, le pouvoir vise à garantir notre liberté de décision et l’efficacité de notre action.

 

 

 

Par Pôle Défense - Publié dans : Principaux axes projet de l'Elan
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