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Depuis une quinzaine d’années, la physionomie du monde a profondément changé. Même si celui-ci connaît d’incontestables progrès, il semble avoir perdu ses repères; il est plus que jamais perçu comme instable, incertain et dangereux. Or, cette situation est d’autant plus inquiétante que la vulnérabilité de nos pays peut s’accroître par l’affaiblissement des États dans leur fonction de protection des citoyens et de référence identitaire.

L’avenir de nos sociétés implique à l’évidence un effort de défense nouveau en rapport avec les multiples dangers auxquels elles se trouvent confrontées. Or, on constate l’absence d’une politique de défense d’ensemble permettant de prévoir, de prévenir et de traiter ces situations dans leur contexte et dans la durée.

Les auteurs de la présente étude se sont interrogés sur les raisons de cette situation et sur les moyens d’y remédier. L’étude proposée se limite à une démarche exploratoire et ne prétend pas épuiser le sujet. Elle a pour seule ambition de mettre en évidence des insuffisances et surtout de contribuer à l’amélioration indispensable et urgente de la réflexion de défense.

 

Propositions de "L'Elan Nouveau des Citoyens"

Samedi 5 février 2011 6 05 /02 /Fév /2011 19:38

La Croix.com, le 03-02-2011.

 

Un député propose une « Journée de la République » à l’école.

 
Dans un rapport rendu public le mercredi 3 février, le député UMP Patrick Beaudouin plaide aussi pour que les élèves portent un uniforme.

« Le moment est venu d’accomplir une réforme qui adapte aux conditions du temps présent l’enseignement de la citoyenneté, du civisme et de l’esprit de défense. » Patrick Beaudouin, député UMP du Val-de-Marne (1), n’y va pas par quatre chemins dans le rapport qu’il a remis à Nicolas Sarkozy – à la demande de ce dernier – sur la transmission aux jeunes des « principes de notre vivre-ensemble » et qui est rendu public le 3 février.


Dans ce document commandé fin 2009 lors du débat sur l’identité nationale, le parlementaire estime que ces principes font l’objet d’une « remise en cause » pour des raisons diverses (effacement du rôle directif de l’État et de la famille, disparition du service national, mondialisation des moyens de communication…) et propose d’y remédier par l’instauration d’un « parcours » obligatoire de sensibilisation aux valeurs républicaines pour tous les jeunes dès l’école primaire.


L’auteur du rapport se refuse à porter un jugement sur ce qui est réalisé aujourd’hui dans ce domaine, à savoir un peu d’éducation civique à la discrétion des professeurs d’histoire de collèges ou lycées et la Journée d’appel et de préparation à la défense (JAPD) entre 17 et 25 ans.

 

Journée de la république, journée de défense et journée citoyenneté

Mais, après avoir procédé à une série d’auditions (élus de droite et de gauche, enseignants, militaires…), il estime qu’il convient de faire beaucoup plus, grâce à « une démarche novatrice » conduisant à « une véritable imprégnation de la jeunesse » par les règles sur lesquelles la société française s’est construite. Le « parcours de la citoyenneté, du civisme et de l’esprit de défense » auquel il pense se poursuivrait par une sensibilisation dans l’enseignement supérieur.

Dans le primaire et le secondaire, ce parcours serait articulé autour d’une éducation civique à « enrichir » en l’étendant à l’esprit de défense. Il aurait pour pivot une « Journée de la république » annuelle et obligatoire. Organisée dans l’ensemble des établissements scolaires du premier et second degré, cette journée serait, selon Patrick Beaudouin, « un moment d’échanges et de débats », avec la participation de personnalités extérieures.


Elle serait aussi l’occasion pour le président de la République de délivrer « une adresse à la jeunesse de France ». La Journée de la république pourrait se tenir chaque 11 novembre ou à une date aussi proche que possible, si ce jour tombe un samedi ou un dimanche : « La date du 11 novembre, argue le rapporteur, est devenue non seulement la commémoration de la victoire de 1918, mais aussi celle de l’engagement du soldat-citoyen dans la vie et la défense de la patrie. »

 

Un « passeport civique » pour les diplômes et le recrutement 

Patrick Beaudouin suggère, par ailleurs, que les établissements scolaires puissent, sur la base de la liberté de choix, doter leurs élèves « d’un uniforme », dans la perspective de la Journée de la république.

Une proposition qui devrait aussi faire débat. Le rapporteur explique : « La vocation de ce signe de reconnaissance (NDLR : l’uniforme), librement décidé, consenti et réalisé, permettrait de renforcer la notion d’appartenance à un groupe, à une équipe, à ses règles et, donc, d’affirmer l’apprentissage de la communauté. »

Entre 17 et 25 ans, chaque jeune devrait ensuite, après s’être fait recenser auprès de la mairie de son domicile, effectuer comme aujourd’hui la JAPD. Sauf que celle-ci, dans le dispositif de Patrick Beaudouin, change de nom (elle devient « Journée de défense ») et est suivie dans la foulée d’une « Journée citoyenneté » organisée sous l’autorité des maires.

Ces deux journées seraient sanctionnées par la délivrance d’un « passeport civique », exigible pour l’obtention des diplômes et le recrutement professionnel, et donneraient droit au financement par l’État des passages du permis de conduire.


Antoine FOUCHET

(1) Il est membre de la Commission défense de l’Assemblée nationale, maire de Saint-Mandé (Val-de-Marne) et président de l’Association des anciens et amis du bataillon français de Corée.

L'Elan Nouveau des Citoyens soutient cette proposition. En effet, il est grand temps que

 

-l'éducation civique ne soit plus une variable d'ajustement des programmes en fonction des convictions personnelles et des priorités autodécrétées des professeurs d'histoire-géographie ;

-l'éducation civique ne se limite pas trop souvent à une éducation tout court (politesse, vie en collectivité,...) ;

-la jeunesse de France prenne pleinement conscience, via l'Ecole, des devoirs inhérents à tous les citoyens d'une démocratie, à savoir défendre le patrimoine commun (la Patrie), l'intérêt général (la République) et les valeurs partagées (la Nation).

 

 Patrice HUIBAN.

 

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Réflexions
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Jeudi 20 janvier 2011 4 20 /01 /Jan /2011 09:26

 

LeMondeinformatique.fr, le 19-01-2011.

 

La cyberguerre s'invite à la conférence Black Hat

 


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La capacité du ver Stuxnet à provoquer des dommages sur le programme nucléaire iranien a démontré, de façon visible, les capacités des cyber-armes. Ce fait n'a pas échappé non plus aux organisateurs de la conférence Black Hat, ni à Jeff Moss, son fondateur.

 

Le consultant en sécurité, Jeff Moss, qui siège depuis 2009 au Conseil Consultatif du Département de la Sécurité Intérieure (Department of Homeland Security - DHS), n'est pas d'accord pour dire, comme certains experts, que Stuxnet représente « la première attaque ciblée effectuée avec une cyber-arme. » De son point de vue, « ce n'est pas la première du genre, mais c'est la première qui soit vraiment visible de tous, » a t-il commenté. « Je pense aussi que c'est la première attaque dont nous pouvons tous parler publiquement, » a t-il ajouté.


Les débats sur les techniques utilisées pour monter des attaques offensives sont également de plus en plus publiques. C'est le cas des thèmes abordés à la conférence Black Hat qui se tient cette semaine à Washington, dans un hôtel situé à deux stations de métro du Pentagone. Certains sujets parlent ainsi spécifiquement de pistes, jusque là qualifiées de « tactiques irrégulières » et « d'escarmouches sur le web, » pour mener des cyber-guerres offensives. Comme l'indique Jeff Moss, la dernière conférence a ajouté ces sujets de discussions « à l'attention des personnes qui exerce légalement ce type d'actions. » Des sessions consacrées aux cyber-attaques font depuis longtemps parti des thèmes abordés à la conférence, mais jusqu'à présent, les sujets étaient essentiellement axés sur des tactiques permettant de tester les moyens de défenses. « Aujourd'hui, les techniques d'attaques sont traitées à part entière, » a t-il déclaré.


Une riposte cyber graduée ?


Entre temps, le ver Stuxnet a enrichi la bibliothèque des cyber-attaques, lesquelles sont par ailleurs de plus en plus portées à la connaissance du grand public. Comme cette intrusion l'an dernier dans les systèmes informatiques de Google, une action probablement menée par la Chine contre le géant de l'Internet. Le fondateur de Black Hat pense que la divulgation publique de ces attaques donne aussi plus de poids aux responsables de la sécurité informatique, qui peuvent désormais faire valoir auprès des dirigeants la réalité de certains incidents pour expliquer les risques encourus. Mais beaucoup reste à faire. Lorsque Stuxnet a mis hors de contrôle certaines centrifugeuses destinées à l'enrichissement d'uranium au sein de l'installation nucléaire iranienne, l'attaque a largement montré la vulnérabilité des systèmes de contrôle, y compris ceux utilisés dans diverses installations électriques à travers le monde.

Pour Franklin Kramer, ancien secrétaire d'Etat adjoint à la Défense dans l'administration Clinton, une cyber-guerre ne se limitera pas à un secteur en particulier et le gouvernement aura besoin de disposer de solutions diverses pour parer à ce type de menace. « Le premier niveau de réponse pourrait être diplomatique et le second économique, » a déclaré Franklin Kramer. Mais, un troisième niveau de réponse pourra être d'ordre cybernétique, ou «cinétique» comme disent les militaires quand ils évoquent une éventuelle action de ce type. L'ancien secrétaire d'Etat a également indiqué qu'une action militaire en réponse à une cyber-attaque ne pouvait pas être exclue des scénarios possibles. A ce propos, il a rappelé l'intervention menée en 1989 par les États-Unis au Panama, conduisant à l'arrestation de son dirigeant Manuel Noriega, condamné et emprisonné pour trafic de drogue, racket et autres charges. Franklin Kramer a également appelé à une plus grande collaboration sur les questions soulevées par les cyber-menaces. Celui-ci estime aussi que les responsables politiques devront examiner de près la question de savoir si la Security and Exchange Commission (SEC), le gendarme américain de la bourse, doit obliger ou non les entreprises à rendre publique leurs problèmes liés à la sécurité et à communiquer sur les solutions possibles pour se défendre de ces cyber-attaques, de manière à sensibiliser davantage encore à telle ou telle menace. « Je pense qu'il y a beaucoup à dire à ce sujet, » a conclu Franklin Kramer.

Crédit Photo : D.R

 

 

Stuxnet, une création américaine et israélienne ?

Selon le New York Times, une variante du virus Stuxnet aurait été développée et testée en Israël, dans le centres de recherche de Dimona situé dans le désert du Néguev.Le journal indique également que le gouvernement américain aurait apporté son soutien à ces recherches. L'objectif était de désorganiser le programme nucléaire iranien pour éviter d'aboutir à la fabrication d'armes nucléaires.

 

Après la création d’une structure nationale en 2009 (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI)), il est important que la France réfléchisse à une doctrine globale en la matière. En effet, la sécurité des systèmes d’information est encore un domaine très morcelé et marqué par son aspect Défense. Or, l’Etat doit ici, comme dans le champ physique, élaborer des stratégies de sauvegarde et de riposte avec une palette très large de moyens. Il va nous falloir apprendre à manœuvrer dans le « cyberespace » ! A quand une nouvelle ordonnance de 1959 afin de préparer la nation, sous l’impulsion des services de l’Etat, à faire face à ce nouveau type de menace ?

 

Patrice HUIBAN.

 

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Réflexions
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Jeudi 13 janvier 2011 4 13 /01 /Jan /2011 18:19

Libération.fr, le 13/01/2011.

 

L'Ecole de guerre renaît le 20 janvier.

 

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Le Collège interarmées de défense (CID) retrouvera son nom historique d'Ecole de guerre, le jeudi 20 janvier à l'occasion d'une cérémonie présidée par le ministre de la Défense. La nouvelle promotion recevra son nom de baptême, "Général de Gaulle", dont voici l'insigne.


Ce changement d'appellation a été voulu par le chef d'état-major des armées, l'amiral Guillaud, pour lequel le métier d'officier est bien de se préparer à la guerre.

Jean-Dominique Merchet.

 

 

Cela fait plaisir de constater que le politique (le ministre en l'occurrence) ne s'est pas incliné devant le politiquement correct qui ne tolère pas ce mot "guerre" quand il s'applique à nos pays occidentaux. Il a donc accepté ce que nombre de militaires souhaitaient afin  

-de redonner une lisibilité à cette formation de haut niveau des officiers des trois armées et de la gendarmerie amenés à occuper les postes majeurs au sein de la Défense. En effet, le terme de Collège interarmées de défense n'a jamais été intégré par le monde civil ;

-de correspondre aux finalités du métier d'officier dans un monde où les conflits sont en recrudescence en dehors de l'îlot de paix européen.

Patrice HUIBAN.

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Nouvelles récentes
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Vendredi 7 janvier 2011 5 07 /01 /Jan /2011 14:21

Site officiel du ministère de la Défense.

Les stages au ministère de la Défense

Chaque année, le ministère de la Défense propose des stages de différents niveaux sur l'ensemble du territoire français. Le but de ces stages est de concourir au renforcement du lien armées-nation, de mettre en contact des étudiants avec le milieu de la Défense par l'intermédiaire des états-majors, des unités, des différents services des armées et de l'industrie de l'armement.

 

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Deux types de stages :

 

 Les stages sous convention*

D'une durée allant de 1 semaine à 6 mois maximum, ce sont des stages formalisés par une convention de stage entre l'étudiant, l'organisme d'emploi du ministère de la Défense et l'établissement d'enseignement.

* un stage sous convention d'une durée supérieure à 2 mois et 40 jours de présence effective sur la période de stage est obligatoirement gratifié. 

Les stages rémunérés ou contrats "armées-jeunesse"

Ce sont des contrats de travail à durée déterminée, de trois mois maximum. Ce contrat vise à offrir une première expérience à des étudiants en fin d'étude ou jeunes diplômés. La rémunération de ces stages est équivalente au SMIC.

Deux catalogues classés par niveaux :

  - Pour les stages de niveau 3ème à Bac+2 : Banque des stages

  - Pour les stages supérieurs à Bac +3 : Catalogue de la Commission armées-jeunesse

La Commission armées-jeunesse se charge de la diffusion et de la gestion administrative des stages rémunérés ou contrats armées-jeunesse. Elle élabore un catalogue de ces offres de stages.

Pour postuler complétez le formulaire de candidature

Le ministère propose également des stages à l'étranger 

 

Par Patrice HUIBAN
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Samedi 11 décembre 2010 6 11 /12 /Déc /2010 12:54

 

Un message pour nos militaires en OPEX

 

En ce mois de décembre 2010, près de 8.700 militaires français sont  loin de chez eux, de leur famille et de leurs proches amis.

 

Que ce soit en Afghanistan, au Liban, en Côte d’Ivoire, au Kosovo, au Tchad, au large de la Somalie, à bord des navires de la Marine nationale, ils veillent sur notre sécurité et remplissent les missions qui leur ont été confiées par le gouvernement français, parfois au péril de leur vie. Depuis le début de cette année, 20 militaires français ont payé de leur vie leur engagement au service des autres. Et l’on ne saurait oublier ceux qui, revenus en France gravement blessés, doivent mener un combat quotidien pour retrouver une vie normale.

 

Aussi, et à l’occasion des fêtes de fin d’année, pour témoigner votre soutien et votre sympathie à l’égard de ces hommes et de ces femmes qui ont choisi le métier difficile des armes pour servir les autres et leur pays, vous êtes invités à déposer un message sur cet espace. Ayons également une pensée pour leurs familles, dont certaines, malheureusement, ont perdu un des leurs au cours d’une opération extérieure.

 

Pour avoir accès au formulaire de commentaire qui vous permettra de déposer votre message, cliquez ici.

 

Si vous souhaitez laisser un message aux marsouins du 2e RIMa du Battle Group Richelieu en Afghanistan, vous pouvez vous rendre sur le site du régiment en cliquant ici.

 

Pour lire les messages déposés en 2009, cliquez ici.

 

Ils s’associent à l’opération « Un message pour nos militaires en OPEX » :

 

Secret Défense, par Jean-Dominique MerchetEgea, par Olivier KempfLe blog de Florent de St. V. Theatrum Belli Pour Convaincre, la vérité ne peut suffire Pour Blog du Club Participation et progrès Blog Elan Défense

 

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Soutien et mémoire
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Vendredi 10 décembre 2010 5 10 /12 /Déc /2010 22:04

Le Monde.fr, 07-12-2010.

 

Blessés pour la France.

 

Depuis 2001, 250 soldats français sont revenus mutilés d'Afghanistan. Ces soldats grièvement blessés témoignent parfois douloureusement des réflexions de certains de leurs proches à leur retour : "pourquoi es tu parti là bas, ça ne sert à rien" s'est entendu dire Mickael Fonder 35 ans du 6eme RCS, qui a perdu l'avant bras gauche et a la main droite sévèrement mutilée. pour se reconstruire, avec sa femme ils s'accrochent. Un bébé est né depuis l'accident. Il veut retravailler

L'Adjudant Franck Chemin 45 ans,  du 2eme REG, a quant à lui perdu son avant bras gauche et a eu la jambe droite à moitié sectionnée lors de la déflagration d'un obus qu'il déminait. Les médecin ont pu sauver sa jambe, mais il ne retrouvera pas la sensibilité de son pied.  Il en étéit à sa 17eme OPEX ! Il raconte que sa femme a du mal à supporter le regard des gens ; "un blessé de guerre" dit-elle, les gens n'ont jamais vu ça  ! . L'adjudant cite le cas d'un ami Légionnaire âgé de 30 ans qui a perdu une jambe. Beau garçon, portant bien, ce dernier se fait régulièrement invectiver lorsqu'il se gare sur les places pour handicapés.

Franck Votta 31 ans du 13eme BCA a lui reçu une balle dans le mollet lors d'une patrouille sur un marché. Malgré sa farouche volonté, il semble que l'operationnel soit terminé pour lui. La balle à fait un trou comme la paume de sa main. Le Chef Votta ne demande rien : "on n'a pas envie qu'on nous dise merci" dit-il ; " mais, qu'on sache au moins ce qu'on fait".

Jocelyn Truchet 25 ans, du 13eme BCA  martèle le sol de sa canne à chacune de ses paroles. Engagé à 21 ans, savoyard, sportif de très haut niveau, il n'envisage pas sa vie autrement que sous l'uniforme.  ce jeune homme vit pour l'action.
Il faut partie de ceux qui pensent " je ne suis pas mort, pas défiguré, c'est déjà bien".
Sa volonté impressionne ses proches ; mais dit il : "ils n'ont pas conscience de ce qu'on a fait là bas, la société s'en fout" termine t-il !

Tous sont des hommes d'action, des passionnés, soudain cloués au sol. Ils n'ont qu'une idée en tête bouger à nouveau pour continuer d'exister.

Nathalie GUIBERT.

 

Cet article fait écho à celui intitulé "L'Afghanistan, l'esprit munichois est toujours là". Il faut informer à tous prix nos concitoyens sur ce qui se joue là-bas car les quelques éclairages de nos médias sont souvent issus de prismes déformants qui reflètent des procès d'intention flagrants...

 

Patrice HUIBAN.

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Soutien et mémoire
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Mardi 16 novembre 2010 2 16 /11 /Nov /2010 18:22

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Afghanistan : l'esprit munichois est toujours là.

Le 16 novembre 2010

 

Il n'est pas une semaine sans que de nombreux médias français et européens ne relaient des positions pessimistes voire défaitistes sur notre engagement et celui de la coalition en Afghanistan. "Nous n'arriverons jamais à stabiliser ce pays, nos soldats meurent pour rien, il faut se retirer tout de suite, en 2011 ou, au pire, en 2012", disent-ils.

Pourtant, ces positions d'une majorité de notre "intelligentsia" ne sont pas sans paradoxes. En effet, comment peuvent-ils prôner la défense des valeurs démocratiques et humanistes de part le monde – beaucoup sont en faveur d'un devoir d'ingérence lorsque ces valeurs sont violemment bafouées – tout en appelant à un abandon de la majorité de la population afghane, élites libérales comprises, aux Talibans ? Comment peuvent-ils continuer à stigmatiser l'attitude de nos dirigeants et de beaucoup de nos intellectuels pendant les années 1930 tout en prônant, indirectement au moins, l'apaisement avec un nouveau totalitarisme, vert cette fois ? Leurs aînés, eux, bénéficiaient de véritables circonstances atténuantes : proximité de l'hécatombe de 1914-1918, tergiversations britanniques jusqu'en 1939, la France en première ligne avec seulement 300 km de "profondeur stratégique". Enfin, dernier paradoxe et non des moindres pour des avocats du droit international, la France intervient en Afghanistan aux côtés de 40 nations parmi lesquelles 25 des 27 pays de l'Union européenne, à la demande des autorités afghanes et sous mandat de l'ONU. On peut difficilement faire mieux en termes de légalité et de légitimité.

Par ailleurs, beaucoup de ces élites, censées stimuler la réflexion et l'esprit critique chez les citoyens, font preuve d'un esprit candide assez surprenant, voire d'une forme d'aveuglement, quant au dossier afghan. Pensent-ils réellement que le gouvernement Karzaï tiendra longtemps si nous partons dans les mois à venir ? Imaginent-ils nos ennemis d'Asie centrale prêts à signer un traité de paix dans une nouvelle galerie des glaces ? Pensent-ils sérieusement que le jihad anti-occidental cessera ? Comment les gouvernements arabo-musulmans en lutte chez eux contre l'intégrisme islamique ne seraient-ils pas déstabilisés et décrédibilisés aux yeux de leurs propres opinions publiques en cas de défaite des grandes puissances libérales ? On s'émeut aujourd'hui à juste titre de la lapidation possible d'une femme en Iran, mais combien compterons-nous de Sakineh Mohammadi si nous quittons précipitamment l'Afghanistan ? Quelle sera notre crédibilité vis-à-vis des populations locales lors de nos prochaines interventions dans des Etats faillis ?

Ce manque de recul sur les conséquences d'un retrait est d'autant plus surprenant que la situation est beaucoup plus mitigée que sa transcription dans les médias. Pour preuve, et selon la Banque mondiale, la mortalité chez les moins de 5 ans a diminué de 26 % depuis 2001, ce qui représente plus de 80 000 vies sauvées chaque année. Selon le docteur Benjamin Loevinsohn, spécialiste de la santé publique et chef d'équipe des projets sanitaires de cette organisation en Afghanistan, "les améliorations en termes de qualité et d'accès aux services de santé en Afghanistan sont, depuis 2002, vraiment exceptionnelles. Le nombre de centres médicaux opérationnels a triplé et le nombre de consultations externes a quasiment été multiplié par quatre". Les progrès sont également exceptionnels dans le domaine de l'éducation… Cependant, il est vrai qu'il est plus "vendeur", là comme ailleurs, d'annoncer les "trains en retard". Peut-être également qu'un journaliste revenant de Kaboul avec des bonnes nouvelles est régulièrement soupçonné par ses pairs d'être victime d'un syndrome de Stockholm au bénéfice des militaires.

Dans ce concert de mauvaises nouvelles voire de défaitisme, le courage et la lucidité viennent aujourd'hui de quelques personnalités isolées. Ainsi, l'ancien ministre deS AFFAires étrangères allemand, Joschka Fisher, déclarait dans un grand quotidien français en mars 2009 : "Si les Etats-Unis et l'OTAN abandonnent l'Afghanistan sans avoir au préalable établi un minimum de stabilité régionale, le danger islamiste renaîtra rapidement, encore plus menaçant que dans les années 1990". Hélas, l'avis de ces hommes et de ces femmes est peu relayé.

En fait, plutôt que d'envoyer des messages pessimistes qui sont autant d'incitations pour nos adversaires à poursuivre leur "manœuvre par la lassitude, il conviendrait d'enrichir le véritable débat qui est celui de la meilleure stratégie à suivre pour stabiliser l'Afghanistan au bénéfice de son peuple, de nos intérêts et de notre crédibilité. Un soutien massif de nos élites sur les motifs de notre intervention avec, parallèlement, un débat riche sur le "comment" sortir du conflit afghan sans compromettre l'avenir et sans lâcheté auraient le mérite d'éclairer nos concitoyens. Dans cette dialectique des volontés qui nous oppose à nos adversaires idéologiques d'aujourd'hui, l'engagement et l'esprit de sacrifice des seuls militaires ne suffiront pas.

Des questions essentielles sont ainsi trop souvent absentes de débats. La conférence de Londres a déterminé une nouvelle stratégie, l'"afghanisation" du conflit, autrement dit remettre progressivement aux autorités locales la gestion de la sécurité, puis du pays de façon générale. Si cette stratégie semble opportune, comment peut-elle être officiellement adossée à un calendrier précis de retrait ? Autant demander clairement aux insurgés de "jouer la montre", voire de nous accorder un délai de clémence à l'image des accords de Paris de 1973 mettant fin au conflit vietnamien, accords où Kissinger avait obtenu un répit de deux ans avant l'assaut final sur le Vietnam du Sud. Enfin, comment envisager un Afghanistan stable sans la participation active en ce sens du Pakistan. Tant qu'Islamabad verra l'Inde comme son véritable ennemi et non les Talibans et leurs alliés d'Al Qaida, il n'aura pas intérêt à voir émerger un Afghanistan souverain, synonyme d'absence de profondeur stratégique à l'Ouest en cas de conflit avec New-Delhi. L'antagonisme indo-pakistanais apparaît donc au centre de l'équation. 

"L'esprit de Munich est une maladie de la volonté chez les peuples nantis. Un état d'âme permanent chez ceux qui se sont abandonnés à la poursuite de la prospérité à tout prix, ceux pour qui le bien-être matériel est devenu le but principal de leur vie sur terre […] Le prix de la lâcheté est toujours le mal. Nous ne récolterons la victoire que si nous avons le courage de faire des sacrifices", affirmait Alexandre Soljenitsyne dans un discours de 1972, période pendant laquelle nombre de nos intellectuels faisaient preuve d'une grande tolérance vis-à-vis d'un autre totalitarisme.

A l'heure où Oussama Ben Laden menace explicitement et directement la France, face à tous ceux qui ne déposeront jamais les armes contre notre modèle de société qu'ils exècrent, faisons preuve de courage moral afin de ne pas leur abandonner le peuple afghan et d'autres. Comme l'affirme la députée néerlandaise d'origine musulmane Ayaan Hirsi Ali, "notre civilisation n'est pas indestructible : elle doit être activement défendue".

Patrice Huiban

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Réflexions
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Lundi 25 octobre 2010 1 25 /10 /Oct /2010 21:28

Pourquoi reprendre un article sur la francophonie au sein d'un blog Défense me direz-vous ? Tout simplement parce que la Défense est un monde qui doit se montrer à la pointe du rayonnement de notre culture et de nos valeurs. Or, trop souvent, les militaires, élites comprises, s'enferment dans une logique technicienne, le service des armes, un point c'est tout. Ainsi en est-il de la défense, au sein des armées, d'un pan cardinal de notre culture, à savoir notre langue. S'il est tout à fait logique de développer la maîtrise de l'anglais au sein des unités afin d'augmenter notre efficacité opérationnelle dans un contexte d'opérations de plus en plus multinationales, autant il est pitoyable de voir beaucoup de nos généraux abdiquer au sein des structures militaires de l'OTAN que nous réintégrons. Le comble se situe à l'Etat-Major du  Corps de Réaction Rapide France à Lille, corps certifié par l'organisation transatlantique en 2007. Alors que le français est la deuxième langue officielle de l'OTAN, alors que ce corps est stationné en France, alors que la majorité des cadres qui y servent sont français, la langue de travail imposée est...l'anglais ! Le comble est que les officiers étrangers appelés à y servir sont sélectionnés, entre autres, sur leur maîtrise de notre langue. Si l'enseignement du français décline au sein des officiers alliés, comment pourrons-nous le déplorer alors que nos armées rendent de plus en plus souvent sa maîtrise facultative ! Même les officiers anglo-saxons sont surpris par un tel excès de zèle sur notre propre territoire. Pourtant, les concepts de sécurité nationale et de défense globale intègrent la promotion de l'ensemble de nos atouts ; la francophonie en est un, et non des moindres...

 

Patrice HUIBAN.

 

 

 

Le Figaro, le 22-10-2010.

 

La francophonie, c’est la modernité.

 

Les Français sont attachés à Francophonie. Selon une récente étude d’opinion (février 2010), il ressort que celle-ci est une idée moderne (pour 71 % d’entre eux) qui devrait être davantage défendue dans le monde (90 %) car elle est aujourd’hui menacée (52 %). Pour y remédier, nos concitoyens proposent d’inciter les hommes politiques francophones à parler français, notamment à l’étranger, et à développer l’enseignement du français.

Pour prospérer, la Francophonie doit éviter deux écueils. Elle doit échapper et dépasser le débat entre les intégristes qui proposent de « boycotter » le classement- reconnu- de Shanghai des principales universités mondiales sous prétexte que les publications en langue française n’y sont pas réellement prises en compte. Mais la Francophonie doit également se préserver de ceux qui, pour être à tout prix dans le vent, commencent par nous proposer de renoncer à parler français.
Un pays membre de l’Organisation des Nations Unies sur trois est membre de plein droit, associé ou observateur de l’Organisation internationale de la Francophonie(OIF). Dans le même temps, les demandes d’adhésions à cette organisation ne cessent de se multiplier. La Francophonie c’est aussi 900.000 professeurs de français dans le monde qui enseignent chaque année notre langue commune à plus de 50 millions d’élèves.

Jamais autant de personnes n’ont parlé français dans le monde. Le problème n’est pas la demande, toujours forte, de français « cette langue adaptée par excellence au caractère universel de la pensée » (Senghor). C’est l’offre que nous ne sommes plus en mesure de proposer.

A cet égard, nous devons veiller à préserver l’instrument principal de diffusion de la langue française, ce réseau piloté par l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE) de près de 461 établissements implantés dans 130 pays qui rassemble 250 000 élèves. Dans le contexte budgétaire tendu, nous devons veiller à ce que l’engagement pris par le président de la République de sanctuariser les moyens de la Francophonie, soit respecté. Et ce d’autant que la promotion du Français n’a pas encore été incluse dans le grand emprunt.

A la suite de la 15ème édition de la Semaine de la langue française et de la Francophonie, des initiatives novatrices intéressantes ont été prises ou pourraient être prises. Ainsi, une association rassemblant les Anciens élèves des lycées français du monde (ALFM) a été créée en avril 2010. Elle vise à développer un réseau de tous les anciens élèves des lycées français à l’étranger mais aussi à faciliter l’orientation et l’accueil des lycéens dans les établissements supérieurs français. Pour cela, je propose d’étudier la création d’un visa simplifié et de longue durée pour les élèves étrangers ayant effectué leur scolarité complète (jusqu’à l’obtention du baccalauréat) dans un établissement français à l’étranger. Cette politique très ciblée n’irait pas à l’encontre de la politique globale de maîtrise des flux migratoires.

Le nouveau Service civique devrait également offrir des perspectives intéressantes. Ne pourrait-on pas envisager qu’un certain nombre de jeunes volontaires viennent renforcer le réseau d’enseignement français à l’étranger ou soient mis à disposition des systèmes éducatifs des pays francophones qui le souhaiteraient ?

.N’oublions pas que « la langue n’est pas seulement un moyen de communication, elle est un instrument d’incarnation et de transmission de valeurs » comme l’a énoncé le président de la République le 20 mars dernier.

J’ai eu l’occasion au cours de mes déplacements auprès des grandes organisations internationales (ONU, Institutions Européennes) de développer « le concept d’intransigeance francophone ». Il ne s’agit pas d’un combat vain et stérile contre l’anglais mais de défendre l’emploi et l’usage du français dans les institutions internationales, ce qui revient à prôner le multilinguisme avec ses prolongements naturels : la diversité culturelle, le multilatéralisme.

L’intransigeance francophone, c’est aussi le rappel de quelques règles : dans une enceinte internationale où le français est la langue de travail, il est inadmissible que les Français (qui doivent souvent leur élection aux pays francophones) s’expriment exclusivement en anglais ; alors que la France n’a jamais compté autant de ses ressortissants à la tête d’organisations internationales : FMI, OMC, Union Postale Universelle, Banque des règlements internationaux, FAO….Cette attitude est choquante pour notre famille francophone.

La Francophonie est une communauté de nations qui dépasse les blocs géographiques ou politiques, puisqu’elle nous réunit autour de notre langue et des valeurs dont elle est porteuse. Ce caractère transversal s’est affirmé tout au long de la construction institutionnelle de la Francophonie. L’OIF, grâce à l’autorité et l’action déterminées de son Secrétaire général, Abdou Diouf, est de plus en plus entendue.

Le véritable défi qui nous est posé aujourd’hui est de parvenir à réconcilier l’universalité de nos valeurs et la diversité de nos cultures. Nous devons pour cela éviter deux écueils : le relativisme relâché et l’unilatéralisme arrogant. C’est ce que j’appellerais un « humanisme de la diversité ». L’espace francophone me parait pertinent pour mener ce débat. Là est sa modernité.

 

Jean-Pierre Raffarin

Ancien Premier Ministre

Représentant personnel du Président de la République pour la Francophonie

 

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Réflexions
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Dimanche 17 octobre 2010 7 17 /10 /Oct /2010 17:40

Le Figaro.fr, le 13-10-2010.

 

Londres prend conscience des risques de cyberattaquesthumbnail.jpg
L'un des trois grands services de renseignements britanniques, le GCHQ (Government Communications Headquarters).

 

Les services secrets britanniques envisagent de se doter d'une «capacité de dissuasion» sur Internet. 

Iain Lobban est à la tête d'un des trois grands services de renseignements britanniques, le GCHQ (Government Communications Headquarters). Moins connu que le MI5 ou le MI6, le GCHQ est en charge des écoutes électroniques au Royaume-Uni et surveille autant les appels téléphoniques que les e-mails ou l'ensemble des communications par satellite dans le monde. Les grandes antennes de son centre de Cornouailles sont associées au réseau américain d'écoutes électroniques Echelon, dirigé par la NSA (National Security Agency).

Mercredi, pour la première fois, Iain Lobban s'est exprimé en public sur son domaine d'activité devant des spécialistes de la sécurité à Londres. Une intervention en forme de mise en garde.

 

«Être plus rapide» dans la riposte 

Les attaques informatiques contre les infrastructures sensibles en Grande-Bretagne sont «une menace réelle et plausible», a-t-il affirmé, ajoutant que les «risques augmentaient aussi vite que le développement considérable de l'Internet».

Le discours de Iain Lobban, prononcé dans les locaux de l'Institut international pour les études stratégiques (IISS) à Londres, prend un relief particulier après la découverte récente du virus Stuxnet, qui semble avoir été conçu par une nation souveraine pour s'attaquer aux infrastructures iraniennes, et plus particulièrement aux installations nucléaires. Cet épisode renforce les craintes des nations occidentales sur la vulnérabilité des réseaux informatiques qui pilotent des infrastructures comme les transports en commun, la distribution d'énergie ou d'eau potable. En 2008, le MI5 avait mis en garde contre la capacité des services chinois à s'attaquer au réseau téléphonique de British Telecom.

«Je ne parlerai pas des mesures que nous prenons avec le Security Service (MI5) pour protéger certaines vulnérabilités», a prévenu Iain Lobban, «mais nous devons renforcer ces dispositifs et être plus rapides dans notre réponse à ces attaques.» Chaque mois, les réseaux d'ordinateurs du gouvernement britannique sont la cible directe de 1.000 courriels hostiles, comportant des codes malveillants comme des virus ou vers informatiques, a-t-il révélé.

Iain Lobban estime aussi que la Grande-Bretagne doit sérieusement envisager de disposer de ses propres capacités de cyberattaques, pour se défendre activement contre les menaces et «se doter de moyens de dissuasion» contre les nations hostiles. Il précise toutefois que cette idée n'a rien à voir avec la dissuasion nucléaire, «car des attaques mineures, mais tout de même conséquentes ont lieu tous les jours». À la différence des formes conventionnelles de conflits, les cyberattaques compliquent grandement les réponses politiques et diplomatiques, a expliqué le directeur du GCHQ, expliquant qu'il n'était «pas impossible, mais très, très difficile» de connaître la source précise d'une attaque informatique.

La prise de conscience au plus haut niveau des risques informatiques liés à la sécurité et la défense est relativement récente en Grande-Bretagne. Ce n'est qu'en 2009 que le gouvernement travailliste de Gordon Brown a décidé de créer un centre opérationnel de cybersécurité, installé sur le centre ultramoderne du GCHQ à Cheltenham. Les conservateurs veulent, depuis, changer l'objectif de cette structure, qui n'était dédiée qu'à l'identification des menaces, en la renforçant avec une capacité de réaction et de défense contre les attaques.

 

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Nouvelles récentes
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Dimanche 10 octobre 2010 7 10 /10 /Oct /2010 18:31

L’Orient le jour.com, le 08-10-2010.

 

L’armée libanaise prise au piège de la classe politique

 

 

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Les heurts à Bourj Abi Haïdar en août dernier ainsi que les accrochages frontaliers entre l'armée libanaise et l'armée israélienne - qui ont fait trois morts du côté libanais et un du côté israélien - ont mis en exergue le rôle primordial de l'armée libanaise dans le maintien de la stabilité au Liban. Cependant, si les politiques parlent volontiers du renforcement de l' armée, en réalité la plupart d'entre eux ne veulent pas que le Liban soit doté d'une armée nationale puissante. Car qui dit armée puissante dit institutions étatiques renforcées qui limiteraient donc l'emprise de la classe politique féodale en place depuis des décennies.

Or, la faiblesse actuelle des institutions étatiques permet aux hommes politiques d'offrir à leurs partisans, sous forme de corruptions diverses, des services médicaux, éducatifs et sociaux...Si les Libanais décident un jour de s'atteler sérieusement au renforcement de leur armée, ils devront d'abord mettre en place une véritable stratégie de défense et augmenter les dépenses militaires.

Après la fin de la guerre civile au Liban en 1991, la Syrie a occupé une place centrale sur la scène sécuritaire. Elle a marginalisé l'armée libanaise, tout en la maintenant loin de l'attention internationale. Après le retrait syrien du Liban en 2005, l'armée a commencé à se réarmer lentement et à s'équiper en tant que force de combat. Toutefois, en l'absence d'une industrie de défense locale et d'un véritable budget pour les acquisitions militaires, l'armée doit principalement compter sur les donations étrangères. Les États-Unis et d'autres pays ont commencé à prendre conscience des besoins de l'armée libanaise quand cette dernière est venue à bout d'un groupe proche d'el-Qaëda du camp de réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared, en 2007. Une armée sous-équipée et sous-entraînée fut envoyée mener des combats en milieu urbain. Les commandants dirigeaient les combats à partir de téléphones portables ordinaires. Les soldats combattaient avec peu de munitions, sans véritable soutien aérien, et disposaient de renseignements limitées. L'armée remportera la bataille au bout de quelques mois, mais elle lui coûtera 169 soldats.

Cette confrontation a braqué les projecteurs sur la valeur potentielle de l'armée libanaise et sur l'intérêt d'avoir un État puissant, capable de limiter la prolifération et l'infiltration de violents groupes extrémistes au Liban. Cependant, en raison de l'état de guerre persistant entre le Liban et Israël, la plupart des pays occidentaux n'étaient prêts à fournir au Liban que des équipements militaires insuffisants, de seconde main et obsolètes. Depuis 2006, le Liban a reçu des États-Unis une aide d'une valeur de 600 millions de dollars : véhicules, pièces de rechange pour les vieux avions, canons Howitzer, munitions, armes légères, matériel radio et sessions de formation. Des aides importantes furent également fournies par les Émirats arabes unis (hélicoptères Gazelle et Puma) et, à un moindre degré, par l'Allemagne (navires côtiers de patrouille), la France (formation), le Royaume-Uni (pièces de rechange) et la Belgique (ambulances et véhicules de transport blindés). Un soutien dont le Liban avait urgemment besoin après des années de blocus international officieux sur l'armement de l'institution militaire. Mais cela est loin d'être suffisant pour un renforcement réel de ses capacités.
Il faut noter que la consolidation de l'armée marque le début du processus de reconstruction des institutions au Liban, d'autant que l'institution militaire jouit du soutien de la majorité des Libanais, toutes confessions confondues. Cependant, l'absence de volonté politique est évidente. Elle se reflète, par exemple, dans la conférence de dialogue national, tenue de manière périodique depuis 2006, avec pour objectif déclaré de décider d'une stratégie de défense nationale. Cette « table de dialogue » est toutefois utilisée par les participants comme un club de débat où ils avancent des propositions superficielles destinées principalement à la consommation publique, sans présenter de véritables contributions permettant la formulation d'une stratégie de défense.

Le manque de sérieux dans l'approche par les leaders libanais de la question de l'armée se reflète aussi dans l'absence d'un budget réaliste pour les acquisitions militaires. Le budget annuel de la défense s'élève à 1 milliard de dollars : 800 millions sont alloués aux salaires (y compris ceux de près de 400 généraux et de mille colonels) et seulement 30 millions vont aux acquisitions militaires, notamment aux pièces de rechange et aux moyens logistiques. À titre de comparaison, les budgets de la défense en Jordanie et en Syrie pour l'an 2009 s'élevaient respectivement à 2,3 milliards et 2 milliards de dollars. Une étude du Centre d'études stratégiques et internationales montre qu'entre 2005 et 2008, la Jordanie a dépensé 1,6 milliard de dollars et la Syrie 5 milliards pour l'achat d'équipements.
Lors des dernières discussions sur l'adoption d'un budget pour les acquisitions militaires, le ministre de la Défense a annoncé en août dernier l'ouverture d'un compte à la Banque du Liban pour recevoir des donations financières privées de la part de citoyens qui souhaitent soutenir les acquisitions militaires de l'armée. Là encore, l'idée n'était qu'une opération de relations publiques. Le compte bancaire en question n'a pas été ouvert jusqu'à présent parce que, en vertu de la loi, c'est le Conseil des ministres qui doit le créer. Or, ce dernier n'a pas été consulté par le ministre avant l'annonce de la mesure. D'ailleurs, même si ce compte était ouvert bientôt, aucun pays ne peut planifier son budget d'acquisitions militaires à partir de dons purement charitables.

En l'absence d'une vraie stratégie de défense ou d'un budget sérieux pour les acquisitions militaires, l'armée est poussée vers une mission de sécurité intérieure à laquelle elle n'est nullement préparée. Si elle devait jouer ce rôle efficacement, elle entrerait en confrontation avec les politiciens locaux qui protègent leurs partisans armés. L'incapacité de l'armée à assumer cette tâche maintient l'institution militaire dans un état de faiblesse, ce qui est tout à l'avantage des élites politiques en place depuis toujours, formées principalement d'anciens seigneurs de guerre. De plus, la mission interne de l'armée se réaliserait aux dépens de son rôle en matière de sécurité extérieure, où elle prendrait la relève du Hezbollah dans sa mission autoproclamée de protéger le Liban contre les agressions israéliennes.
Le premier pas vers un véritable renforcement des capacités militaires serait d'établir un équilibre entre l'aide extérieure et les dépenses nationales afin de mettre en place un plan global pour le développement et les acquisitions de l'armée. Le commandement de l'armée dispose effectivement d'un tel plan, qui comprendrait notamment la construction et l'amélioration de l'état des d'infrastructures (casernes, aérodromes, etc.), et l'acquisition d'équipements : chars de combat opérationnels modernes, chasseurs-bombardiers équipés d'un armement air-sol (pour le soutien aérien dans des opérations similaires à celle de Nahr el-Bared en 2007), missiles antiaériens capables de protéger l'espace aérien libanais, missiles antichars, hélicoptères de transport et d'attaque, chalands de débarquement et autres besoins essentiels pour le développement militaire. Ce plan coûterait 2 milliards de dollars.

Ces dernières années, l'armée s'est retrouvée dans un contexte nouveau national de stabilité relative pour la première fois depuis les années 1970, libérée de surcroît des dominations israélienne et syrienne. L'armée libanaise doit saisir cette opportunité pour lancer une initiative inédite dans l'histoire postindépendance du Liban : clairement exprimer quels sont les besoins nécessaires à l'accomplissement de sa mission de défense en ouvrant des canaux de dialogue avec les dirigeants politiques pour les convaincre de réfléchir à un véritable renforcement de l'institution militaire à long terme et de prévoir un budget à cette fin.


Nadim HASBANI
Directeur des communications au Centre Carnegie pour le Moyen-Orient à Beyrouth.

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Réflexions
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