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Depuis une quinzaine d’années, la physionomie du monde a profondément changé. Même si celui-ci connaît d’incontestables progrès, il semble avoir perdu ses repères; il est plus que jamais perçu comme instable, incertain et dangereux. Or, cette situation est d’autant plus inquiétante que la vulnérabilité de nos pays peut s’accroître par l’affaiblissement des États dans leur fonction de protection des citoyens et de référence identitaire.

L’avenir de nos sociétés implique à l’évidence un effort de défense nouveau en rapport avec les multiples dangers auxquels elles se trouvent confrontées. Or, on constate l’absence d’une politique de défense d’ensemble permettant de prévoir, de prévenir et de traiter ces situations dans leur contexte et dans la durée.

Les auteurs de la présente étude se sont interrogés sur les raisons de cette situation et sur les moyens d’y remédier. L’étude proposée se limite à une démarche exploratoire et ne prétend pas épuiser le sujet. Elle a pour seule ambition de mettre en évidence des insuffisances et surtout de contribuer à l’amélioration indispensable et urgente de la réflexion de défense.

 

Propositions de "L'Elan Nouveau des Citoyens"

Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 16:02

Le Figaro.fr, le 18/01/2012

Cyber-guerre : Israël passe à la contre-attaque

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Après l'offensive du «hacker saoudien», un collectif de pirates israéliens, apparemment civils, s'en prend à la bourse d'Abou Dhabi et des Émirats.

La guerre virtuelle continue sur Internet entre «hackers» Israéliens et Arabes. Une contre-attaque israélienne fulgurante a répondu mardi à l'offensive d'internautes pro-Arabes de ces derniers jours contre des sites web israéliens.

Un groupe de «hackers», se présentant comme l'«équipe des Forces de Défense Israéliennes» a conduit à la fermeture des sites des bourses d'Arabie saoudite et des Émirats Arabes Unis.

L'un des directeurs de la bourse d'Abou Dhabi a nié mercredi cette attaque et attribué la fermeture de son site à des opérations de maintenance.

Ce groupe de «hackers» a accompagné ses attaques par un message de mise en garde, selon le quotidien israélien Yedioth Ahronoth: «Ce n'est qu'un début», préviennent-ils. «Si vous continuez à nous attaquer, nous passerons à la phase suivante et paralyserons votre économie». Suit une liste de cibles potentielles, dont des banques, des ministères et des compagnies aériennes d'Arabie saoudite, pays d'où provenaient les attaques de ces derniers jours contre des sites israéliens.

L'unité secrète 8200

Selon des membres de ce groupe cités par le journal, les «hackers» israéliens disposeraient aussi d'informations confidentielles concernant plusieurs milliers de ressortissants saoudiens, dont des numéros de cartes de crédit, noms, adresses de messageries et mots de passe, et seraient prêts à les divulguer.

Ces «hackers» n'appartiennent apparemment pas à l'armée israélienne. Celle-ci dispose d'une formation secrète, l'Unité 8200, spécialisée dans le renseignement cybernétique et qui recrute dans la florissante industrie informatique israélienne des jeunes gens versés dans les arcanes de la piraterie en ligne.

Les «hackers» se présentent quant à eux comme des volontaires dévoués «à la défense d'Israël», et affirment n'opérer que pour faire cesser les attaques contre leur pays.

L'un d'entre eux a écrit à partir d'une adresse de messagerie piratée au Yedioth pour prévenir de leur intention de se battre jusqu'au bout dans cette guerre virtuelle. «Ils nous ont déclaré la guerre les premiers, mais nous sommes meilleurs. Notre riposte a été beaucoup plus puissante que leurs attaques».

Hannibal et «Anonyme 972»

Les attaques informatiques dont ont été victimes ce week-end plusieurs sites israéliens, dont la compagnie aérienne El Al, semblent avoir déclenché la mobilisation de la communauté des «hackers» israéliens.

Un autre groupe, se présentant comme «Anonyme 972» a également rendu publics les adresses et mots de passes de messageries appartenant à des étudiants d'universités saoudiennes. «Nous n'aimons généralement pas endommager des sites appartenant à des personnes innocentes, mais une cyber-guerre a été déclarée, et il y a des victimes dans toutes les guerres», a précisé ce groupe.

Un autre jeune pirate israélien, agissant sous le pseudonyme d'«Hannibal», a déjà mis en ligne mardi les adresses de messageries et de comptes Facebook de ressortissants de pays arabes avec leurs mots de passe, et a prévenu qu'il s'apprêtait à continuer.

Se présentant comme un combattant cybernétique isolé, «Juif vivant quelque part dans le monde, mais pas en Israël», «Hannibal» a affirmé avoir déjà pénétré les sites de trois banques arabes, raflant selon lui des dizaines de millions de numéros de cartes de crédit et des mots de passe de messageries.

 

 

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Nouvelles récentes
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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 15:29

Contrairement à la plupart des échanges sur le sujet, la question n'est pas de partir d'Afghanistan ; on n'a pas pour ambition de les coloniser !

La question est : comment partir sans lâcheté, sans renoncer à nos valeurs et sans abandonner la majorité du peuple afghan qui ne veut pas d'un retour du totalitarisme islamiste.

Pour cela, il faut tout d'abord ne pas perdre notre sang froid à chaque perte. Il y des Talibans infiltrés, mais cela ne remet pas en cause le travail quotidien en toute fraternité de milliers de soldats afghans et occidentaux.

Il faut donc maintenir le calendrier en se retirant progressivement tout en maintenant des conseillers (domaine militaire, mais aussi la police, la justice,...) afin que l'Etat afghan soit suffisamment solide pour travailler seul... et cela prendra encore quelques années.

Partir la "queue entre les jambes" (excusez-moi cette expression, mais elle a le mérite d'être claire !) serait un très mauvais signal envoyé aux islamistes qui cherchent actuellement à prendre le pouvoir dans la plupart des pays arabo-musulmans. Cela ne ferait qu'alimenter leur discours de faiblesse, de décadence à notre égard. Pour paraphraser Churchill, choisir le déshonneur aujourd'hui contre le totalitarisme vert pour éviter la guerre, ce serait avoir le déshonneur puis à nouveau la guerre, dans quelques années, vraisemblablement à nos portes cette fois ... Pour un plus long développement, je vous conseille la (re)lecture de cet article :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/11/16/afghanistan-l-esprit-munichois-est-toujours-la_1440867_3232.html

 

Patrice HUIBAN.

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Réflexions
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 10:03

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Un lecteur de ce blog, directeur de recherche au CNRS, nous a fait part de la publication de son ouvrage intitulé Les armes à énergie dirigée, mythe ou réalité ?

La sortie de cet ouvrage semble en effet très opportun. Même s'il reste beaucoup de chemin à parcourir pour que des systèmes d’armes utilisant des rayonnements puissent être déployés efficacement à la place des armes conventionnelles, il n'en demeure pas moins que leurs potentialités doivent être davantage prises en compte dans les débats stratégiques actuels.

 

Patrice HUIBAN.

 

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Nouvelles récentes
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Jeudi 17 novembre 2011 4 17 /11 /Nov /2011 08:20

 

Un article de vulgarisation des problématiques liées aux cybermenaces est paru dans 5 éditions (Mayenne, Ille et Vilaine, Côtes d'Armor, Sarthe et Manche) du journal Ouest-France les 7, 9 et 10 novembre.   Ouest-France.jpg

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Réflexions
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Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 15:17

 

 

 

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Dans une récente étude IRSEM/CEVIPOF, l’armée est, pour 85% des jeunes français, l’institution en laquelle ils ont le plus confiance, devant l’Ecole et très loin devant les partis politiques crédités de 13%. Par ailleurs, 4 jeunes sur 10 sont prêts à s’engager dans l’armée. Ils le feraient d’abord pour le service du pays, plutôt que pour l’obtention d’un emploi stable. Lors d’un précédent sondage en 1998, c’était l’inverse.

 

Ce sondage pourrait paraître surprenant dans une société libérale (au sens politique) et hédoniste comme la nôtre. En effet, l’armée incarne l’ordre, l’autorité, la hiérarchie alors que les partis politiques représentent théoriquement la liberté, la participation citoyenne et concourent, comme le dit la Constitution, à l’exercice de la démocratie.

 

Pourtant, ce sondage n’a rien de surprenant. Il est même tout à fait logique.

En effet, dans un pays en proie à une crise économique dans la durée et au doute quant à son avenir, il est naturel que les armées apparaissent comme un repère identitaire et le dernier rempart à la sauvegarde de notre modèle de civilisation qu’elle promeut et défend au quatre coins de la planète. Ceci est dans la droite ligne du retour de la nation comme seul cadre crédible d’épanouissement de la démocratie et de protection des citoyens. Nos hommes politiques semblent l’avoir compris après avoir majoritairement tenté de ringardiser les valeurs nationales, coupables d’être un frein à la construction d’une Europe politique, voire à l’émergence de « citoyens du monde ». Même Jean-Luc Mélenchon affiche nos trois couleurs et va jusqu’à employer le terme de patrie, tabou il y a encore peu, même à droite. Des années 80 aux années 2000, ils ont cependant créé un vide comblé par un essor des infra-identités, notamment spirituelles. Comment peut-on se plaindre aujourd’hui du retour du religieux prophétisé par Malraux alors que notre laïcité est adossée à un catéchisme républicain qui n’est plus guère professé aujourd’hui dans un système éducatif davantage anational que national ? Tout peuple a besoin d’espérance et de valeurs transcendantes. Cela passe par la foi dans une religion d’Etat ou… dans un Etat.

 

En dehors de déclarations, cette confiance des jeunes dans leurs armées s’illustre également par la capacité de ces dernières à honorer quantitativement et qualitativement leurs besoins colossaux en recrutement. Elles sont les seules dans ce cas en Occident. En effet, elles doivent (Gendarmerie incluse) renouveler 30 000 postes/an. Si elles veulent maintenir un taux de sélection moyen de 3/1 (8 candidats pour un poste d’officier, 4 candidats pour un poste de sous-officier et 2 pour un poste d’engagé), elles doivent faire franchir les portes de leurs centres de recrutement à près de 100 000 jeunes par an, soit 1/8 d’une classe d’âge ! Si on prend en compte le fait que ces métiers spécifiques attirent majoritairement les garçons, nous obtenons 1/4 -1/5 d’une classe d’âge masculine qui contacte un centre de recrutement ! Contrairement à toute attente, les pertes en Afghanistan, notamment en août 2008, n’ont pas tari le flot de candidats mais l’ont augmenté. Seul changement : ces mêmes candidats sont plus souvent accompagnés par leurs parents…Qui a dit que notre jeunesse était totalement hédoniste et individualiste ? Elle est en fait en quête de sens ! Elle souhaite s’incarner dans un projet collectif que notre école républicaine et nos élites peinent à (re)définir.

Le seul bémol au niveau du recrutement est le relatif peu de prestige de la carrière militaire chez les classes socioprofessionnelles élevées. Tout se passe comme si l’antimilitarisme populaire avait disparu alors qu’une certaine condescendance des « élites » s’était développée chez des générations qui n’ont pas connu les conflits de masse du XXe siècle. Pourtant, dans l’Histoire, les plus grands dirigeants occidentaux ont bénéficié d’une solide expérience militaire (Washington, Churchill, de Gaulle, Eisenhower,…).

Sur cet aspect, il est d’ailleurs paradoxal que l’Ecole polytechnique, dont les ¾ des élèves rejoignent le secteur privé, ait gardé un service national de 8 mois transformé en stage de formation humaine visant à provoquer chez ces futurs décideurs « une triple rupture géographique, sociologique et intellectuelle avec l'univers des classes préparatoires ou de l'université ». A quant un service national au programme de l’ENA ? Apprendre la rusticité, l’humilité au milieu d’une troupe à l’image de notre diversité sociologique actuelle ne serait pas totalement dénué de sens pour qui prétend, à terme, promouvoir l’intérêt général, voire conduire la nation. Il s’agit de développer non une élite de statut mais de susciter une élite « comportementale », c’est-à-dire une élite de l’action et de l’engagement.

 

Pour autant, les militaires, si prompts à défendre la patrie et les intérêts de la nation, peuvent-ils participer à la refondation de notre démocratie ?  Ils ont certes les qualités morales requises, mais sont cantonnés au rôle (frustrant) de spectateurs de part leur devoir de réserve leur interdisant même d’adhérer à un mouvement politique. C’est pourquoi il faut espérer que nombre d’entre eux, quittant le service actif, irrigueront les sphères politiques et économiques comme chez nos amis anglo-saxons. Pour autant, il est vrai que le réflexe collectif et intérêt général du cadre militaire le prépare peu à gravir les échelons des partis politiques, tant il faut faire preuve de la plus individualiste des ambitions pour y progresser. Sans le séisme de 1940, soyez sûr que le général de Gaulle n’aurait jamais pu percer et faire une grande carrière politique…

 

Pourtant, la France a besoin d’un nouveau Périclès…

 

Patrice HUIBAN.

 

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Réflexions
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Dimanche 16 octobre 2011 7 16 /10 /Oct /2011 18:40

 

 

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Après la création de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) en 2009, suite au dernier "Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale", la France met progressivement en œuvre sa politique « cyberdéfense ».

 

Ainsi, le directeur général des systèmes d’information et de communication (DGSIC), à la tête d’un organisme directement subordonné au ministre de la Défense en charge de la politique générale du ministère en la matière, a annoncé lors du « Symposium des SIC » organisé à l’Ecole des transmissions le 29 septembre dernier que :

 

-un intranet interministériel coupé de la toile mondiale allait être créé rapidement ;

-un Cloud national allait également voir le jour afin d’héberger des données stratégiques pour le pays, qu’elles soient d’origine publiques ou privées (notamment celles d’opérateurs d’importance vitale (OIV) répertoriés dans le Code de la défense).

 

Cette politique, couplée au développement du renseignement dans le cyberespace et à notre expertise en virologie, cryptologie et cryptographie, devrait permettre à notre pays de mener une défense active efficace dans la quatrième dimension.

 

Patrice HUIBAN.

 

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Nouvelles récentes
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Dimanche 2 octobre 2011 7 02 /10 /Oct /2011 16:12

 

 

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2012 marque le 70e anniversaire de la création de l’arme des Transmissions. Elle s’est détachée du Génie en 1942 d’où son emblème, une cuirasse surmontée d’un « T ».

Cette année riche en célébrations (cf. lien vers le site dédié : http://www.appat.org/70ans/) permettra tout d’abord d’honorer le sacrifice des anciens.

Ainsi, le 8e régiment de transmissions, héritier du 8e régiment du génie et à l’origine des régiments de transmissions actuels, a enregistré à lui seul 1500 sapeurs-télégraphistes tués et 6000 blessés pendant la Première Guerre mondiale.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’action de son personnel a permis de relier de nombreux réseaux métropolitains de résistance à Londres puis à Alger. L’engagement sans faille des membres du régiment, à l’image du chef de corps qui sauva le drapeau à l’automne 1942, vaudra l’inscription sur ce dernier de « RESISTANCE 1940-1944 », titre de gloire que le 8e RT est le seul à détenir dans toute l’armée de Terre.

« Unité de rattachement de tous les sapeurs télégraphistes de la guerre de 1914-1918, berceau de la télégraphie militaire, s'est acquis des titres exceptionnels pour sa participation à la Résistance dès 1940. A réussi à soustraire à l'ennemi un important matériel radio dont une partie a été envoyée aux troupes d'Afrique française du Nord, ou livrée aux organisations des Forces françaises de l'intérieur. Dès 1943, a mis en place et assuré le fonctionnement d'appareils radio dans plusieurs PC clandestins. Au cours des actions accomplies, de nombreux officiers, sous-officiers et hommes de troupe ont payé de leur mort ou de la déportation l'activité déployée au profit de la Résistance. A enfin assuré l'instruction de nombreux spécialistes et permis ainsi le recomplètement des unités de transmissions de la Ire armée française dès la Libération du Territoire. ».

Au-delà du recueillement, cet anniversaire permettra également de rassembler tous les professionnels des systèmes d’information et de communication militaires, quel que soit leur arme d’appartenance.

En effet, les SIC ont plus que jamais un rôle crucial à jouer pour le succès de nos armes. La maîtrise de la disponibilité, de l’intégrité et de la confidentialité de l’information échangée devient de plus en plus délicate avec la dématérialisation des supports, la très forte augmentation du volume à traiter et de la vitesse de circulation.

Beaucoup de défis à relever en perspective !

 

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Soutien et mémoire
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Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 20:05

 

Valeurs actuelles, le 01-09-2011.

Défaite pour les défaitistes. 

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Une grande partie de nos élites avaient prédit une catastrophe à la France et au Royaume-Uni. Une étrange constance dans l’aveuglement.

Bourbier, enlisement, « Viêtnam français » : un grand nombre d’ “experts” avaient prédit le pire à la coalition internationale, jetant l’anathème sur la campagne militaire menée principalement par la France et le Royaume-Uni. Le conformisme ambiant, à l’image des analyses actuelles sur l’Afghanistan, rendait quasiment inaudibles les quelques explications qui pouvaient annoncer un succès final.

Les appels à la patience des responsables français et britanniques n’entamaient en rien les certitudes fortes, mais coupées des réalités, d’un certain nombre de faiseurs d’opinion, “experts”, intellectuels et journalistes baignant dans le même conformisme, ignorant la complexité et les contraintes de toute opération militaire. L’issue de la guerre vient de leur donner tort.

Très rares sont ceux qui ont reconnu leurs erreurs. Quelques jours à peine après les premières frappes françaises, le 23 mars, Jean-Yves Moisseron, spécialiste du monde arabe, est le premier à sonner la charge dans le Monde : « Le scénario qui se dessine dans le cadre très étroit de la résolution 1973 des Nations unies est très préoccupant […]avec tous les risques de retournement de l’opinion internationale, mais aussi d’instabilité profonde aux portes de l’Europe. » Le chercheur affirme même que la seule puissance aérienne ne « pourrait menacer le régime de Tripoli ».

Un thème domine : l’enlisement. Le 28 mars, dans l’émission Mots croisés (France 2), Marine Le Pen prend à partie notre rédacteur en chef Frédéric Pons, dans un débat sur la Libye : « À un moment donné, on nous expliquera qu’on ne peut pas faire autrement […] et on ira sur le terrain, et on s’enlisera. […] Il y aura évidemment des bavures. […] Nous y sommes probablement pour dix ans ! »

En juin, lors de l’émission C dans l’air (France 5), la plupart des invités, dont le politologue Hasni Abidi, spécialiste de la Libye, insistent : l’enlisement est patent, il faut négocier. Frédéric Pons donne un point de vue contraire, exprimé de façon constante dans nos colonnes. Il attire notamment l’attention sur l’évolution dans les zones montagneuses au sud-ouest de Tripoli : « L’offensive lancée à partir du djebel Nefousa, aidée par des parachutages d’armes de l’armée française, sera déterminante. » Cette information est balayée. Les autres experts invités par Yves Calvi ne regardent qu’à l’est où l’insurrection piétine, en effet, ce qui conforte leur thèse. Mais c’est bien de ce djebel Nefousa, trop longtemps négligé par les médias, que va débouler la colonne d’insurgés qui portera le coup décisif au régime de Kadhafi, entre le 20 et le 24 août.

“Pas d’autre issue qu’une solution négociée”

Arguant que l’intervention serait rejetée par le peuple libyen, Dominique de Villepin critique lui aussi, dès le début de l’opération, l’ingérence des forces sous mandat de l’Otan : « L’avenir, si nous continuons d’intervenir direc tement, sera lourd des mêmes risques que ceux d’Afghanistan et d’Irak. » Un mois plus tard, Axel Poniatowski, le président (UMP) de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée na tionale, affirme que la situation « présente toutes les caractéristiques d’un enlisement ».

Le 17 avril, le journaliste et écrivain Claude Lanzmann annonce dans le Monde l’échec de la stratégie militaire : « L’intervention aérienne destinée à soutenir les opposants à Kadhafi s’enlise et ne détruit pas que des objectifs militaires. Les stratèges de l’ingérence en portent la responsabilité. […] Les missiles et l’aviation seuls ne viendront pas à bout de la tyrannie. » L’ancien résistant en est sûr : « Il n’y a pas d’autre issue, si on veut éviter l’enlisement, qu’une solution négociée. »

Le Nouvel Observateur ajoute sa voix, le 16 juin, à ce concert défaitiste : « Le régime de Mouammar Kadhafi résiste. En face, l’opposition, dont la capacité militaire a sans doute été surestimée, semble encore trop inorganisée, trop inexpérimentée pour s’opposer avec des chances de l’emporter aux forces du régime. » La chute de Kadhafi a contraint la plupart des “experts” au silence. Pas tous : quelques jours après l’entrée des insurgés dans Tripoli, Jean-François Kahn se fendait encore d’une tribune (toujours dans le Nouvel Observateur), où il évoquait l’« évident fiasco de l’intervention en Libye »

 

Geoffroy Lejeune

 

 

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Réflexions
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Jeudi 28 juillet 2011 4 28 /07 /Juil /2011 17:50

 

 

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Pour une armée, la qualité et le nombre de ses systèmes d’information et de communication (SIC) déterminent sa capacité à jouer les premiers rôles, c’est-à-dire à prendre le commandement d’une coalition internationale.

 

C’est pourquoi nos armées maintiennent un effort conséquent dans ce domaine afin de permettre à la France de conserver un rang enviable dans les affaires militaires.

 

Dans ce cadre, comme chaque année, l’École des transmissions organise le symposium des SIC qui aura lieu le jeudi 29 septembre 2011 à Cesson-Sévigné près de Rennes.

 

Cette manifestation a un double objectif :

-          le matin, faire un point de situation sur les évolutions et perspectives du domaine aux niveaux stratégique, opérationnel, technique et humain par le biais de grands décideurs du ministère de la Défense ;

-          l’après-midi, partager les points de vue sous la forme de tables rondes sur des thèmes d’actualité comme l’évolution des menaces cybernétiques ou la place des SIC dans le management de l’information, le tout en mêlant experts militaires et civils provenant de l’enseignement supérieur, de l’entreprise et de l’administration.

 

L’accès à cette manifestation se faisant sur invitation, vous pouvez en solliciter :

 

en contactant le secrétariat de l’École au 02 99 84 32 12 ;

 

ou via l’onglet « Écrire un commentaire » en bas de cet article en laissant votre adresse postale.

 

Patrice HUIBAN.

 

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Soutien et mémoire
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Samedi 16 juillet 2011 6 16 /07 /Juil /2011 12:36

 

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Au surlendemain du 14 juillet et de son traditionnel défilé militaire, il est intéressant de se pencher sur les choix effectués par l'Ecole polytechnique à l'issue de la suspension du service national.

En effet, cette école n'est plus depuis plusieurs décennies une école militaire. Uniquement placée sous la tutelle du ministère de la Défense, on pouvait s'attendre à ce que l'année de « service » y soit purement et simplement supprimée.

Et bien non ! A la demande des anciens élèves, cette période a été maintenue. Les jeunes qui intégrent ce prestigieux établissement effectuent désormais 8 mois de « formation humaine » dans « une affectation militaire ou dans organisme civil de terrain ».

 

Extraits de la présentation de cette période sur le site de l'Ecole :

 

« Chaque élève, au cours de ce stage sans équivalent dans les autres écoles d'ingénieur, prend conscience de l'importance du facteur humain dans le monde du travail et développe ses compétences relationnelles au sein du groupe ».

« Placé à dessein en début de scolarité, ce stage est conçu comme une « expérience de maturité » avec la réalisation d'une triple rupture géographique, sociologique et intellectuelle avec l'univers des classes préparatoires ou de l'université ».

« Le stage s'inscrit dans une démarche citoyenne. Trois quarts des élèves effectuent leur stage au sein du ministère de la Défense (armée de Terre, armée de l'Air, Marine, Gendarmerie nationale et Délégation générale pour l'armement). Pour le dernier quart des élèves français et pour l'ensemble des élèves internationaux, le stage se déroule dans un organisme civil (police nationale, éducation nationale, administration pénitentiaire, collectivités territoriales, associations caritatives et humanitaires) ».

 

On pourrait presque reprendre ces phrases mot pour mot en cas de remontée en puissance d'un service universel, à ceci près qu'il faudrait inverser les proportions entre organismes civils et militaires. En effet, les capacités d'accueil de l'outil de Défense tout comme ses missions premières ne lui permettent plus d'absorder les trois-quarts d'une classe d'âge, alors même qu'il n'y a plus actuellement de menaces massives aux frontières et que les besoins de la société sont énormes dans d'autres domaines.

 

Ce choix de Polytechnique est d'autant plus singulier qu'il tranche avec la démarche des autres grandes écoles. Ce stage apporte pourtant une réelle plus-value aux élèves. Les autres étudiants qui suivent un cursus de haut niveau, pourtant souvent formés dans un établissement public, gardent généralement une logique individuelle, voire individualiste, tout en étant fréquemment coupés sociologiquement de l'immense majorité de la population. Or, on ne peut prétendre faire partie de « l'élite » d'un corps social de part uniquement ses performances intellectuelles. Sans mise à profit de ce potentiel au service du collectif, on ne peut mériter ce qualificatif. L'action et l'engagement au profit d'une société que l'on comprend et que l'on aime profondément sont consusbstantiels à ce statut. Cela, Polytechnique l'a compris, alors même que la majorité de ses élèves va servir dans le secteur privé à l'issue de la scolarité... L'ENA, qui a pour vocation première de former de futurs grands serviteurs de la cité, a peut-être ici quelques leçons de civisme à recevoir. A bon entendeur...

 

Patrice HUIBAN.


Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Réflexions
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