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Depuis une quinzaine d’années, la physionomie du monde a profondément changé. Même si celui-ci connaît d’incontestables progrès, il semble avoir perdu ses repères; il est plus que jamais perçu comme instable, incertain et dangereux. Or, cette situation est d’autant plus inquiétante que la vulnérabilité de nos pays peut s’accroître par l’affaiblissement des États dans leur fonction de protection des citoyens et de référence identitaire.

L’avenir de nos sociétés implique à l’évidence un effort de défense nouveau en rapport avec les multiples dangers auxquels elles se trouvent confrontées. Or, on constate l’absence d’une politique de défense d’ensemble permettant de prévoir, de prévenir et de traiter ces situations dans leur contexte et dans la durée.

Les auteurs de la présente étude se sont interrogés sur les raisons de cette situation et sur les moyens d’y remédier. L’étude proposée se limite à une démarche exploratoire et ne prétend pas épuiser le sujet. Elle a pour seule ambition de mettre en évidence des insuffisances et surtout de contribuer à l’amélioration indispensable et urgente de la réflexion de défense.

 

Propositions de "L'Elan Nouveau des Citoyens"

Samedi 17 juillet 2010 6 17 /07 /2010 10:47

Un petit billet pour vous mentionner l'arrivée d'un nouveau blog dans la constellation Défense :

 

http://optronique.defense.free.fr/

 

Bon vent !

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Soutien et mémoire
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Dimanche 11 juillet 2010 7 11 /07 /2010 16:13

Le général Desportes devrait être sanctionné suite à une interview publiée dans Le Monde le 2 juillet dernier. Qu’a-t-il fait pour mériter un tel rappel à l’ordre des hiérarchies militaire et politique d’un pays démocratique ? A-t-il critiqué son gouvernement ? Non. A-t-il remis en cause la stratégie de la France en Afghanistan ? Non. A-t-il appelé à un retrait des forces françaises de ce théâtre ? Non. Aurait-il  critiqué sans ménagement la conduite tactique des opérations menées sur le terrain ? Non. Quelle est sa faute alors ? Avoir mis en avant les tergiversations de la stratégie d’un pays allié, en l’occurrence les Etats-Unis, qui, de facto, minorent les chances de succès de la coalition.

Cette (sur)réaction, en premier lieu de la haute hiérarchie militaire, est d’autant plus surprenante que

-le général Desportes avait, dans une tribune publiée dans Le Figaro le 19 juin, affirmé la nécessité de gagner cette « bataille de l’avant pour la protection de nos modes de vie » ;

-le CEMA (amiral Guillaud) a exhorté, lors d’une allocution tenue le 22 juin, les officiers du Collège interarmées de défense (CID) à s’exprimer sur la place publique : « Le devoir de réserve n’est pas le prétexte à une réserve muette qui, à force d’être muette, devient lâche et in fine irresponsable ! Nous avons notre place dans le débat stratégique. A ce sujet, deux points : nous devons revendiquer - mot devenu syndical malheureusement – notre place dans le débat stratégique. Et nous devons le faire publiquement, surtout pas anonymement. Le courage, c’est aussi le courage moral. C’est celui qui consiste s’exposer, en donnant son propre avis, même si cet avis s’oppose à celui de la majorité ou à celui de ses supérieurs […] Pas de syndrome de la « pensée unique »… « Le feu tue, les idées périmées aussi ! » Foch a raison ! ».

Si l’officier français, vivant dans un système dit démocratique, ne peut même pas s’exprimer sur son cœur de métier, où va-t-on ? Dans les autres grandes démocraties où l’outil militaire reste un enjeu important (Etats-Unis et Grande-Bretagne), ces débats sont courants. Il serait d’autant plus dangereux et paradoxal de vouloir les étouffer aujourd’hui que

-nous reprenons des opérations de guerre,

-nos dirigeants politiques sont de plus en plus éloignés des questions militaires,

-beaucoup de fonctionnaires critiquent, de façon souvent virulente et peu argumentée, leur gouvernement sans risquer une telle mise au ban !

 

C’est pour toutes ces raisons que l’Elan Nouveau des Citoyens, sans considérations sur le fond des articles cités, soutient la liberté d’expression des officiers avec pour seule limite, et in fine, l’obéissance à l’autorité civile légitime.

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Soutien et mémoire
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Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /2010 12:09

20 Minutes.fr, le 01.07.2010.

 

 

 

Vers un renforcement des moyens de renseignement.

 

Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (Odile Jacob, La Documentation française, juin 2008) souligne la nécessité « d'un renforcement systématique de nos moyens de renseignement dans le cadre d’une planification d’ensemble, mise en œuvre selon quatre axes :

1. L'amélioration des ressources humaines se traduira par une attention renforcée au recrutement, tant sur le plan qualitatif que quantitatif, au développement de filières spécialisées, au déroulement des carrières et à la formation, avec notamment la création d’une académie du renseignement. Parallèlement, un effort sera porté sur le renseignement de source humaine, qui devra être mis en adéquation avec la hiérarchisation de nos priorités géographiques.

2. La mise à niveau et le développement de nos moyens techniques sont indispensables. Ils impliqueront un effort important, dans le domaine des nouvelles technologies de l'information et de la communication, dans le domaine de l'imagerie (satellites, capteurs embarqués sur avions, drones, etc.) et de l'écoute (satellites, stations terrestres, bâtiment de la Marine, capteurs embarqués sur avions, drones, etc.). L'espace fera l’objet d’un effort spécifique, avec un doublement de ses crédits annuels sur la période du Livre blanc (ces crédits s’élèvent à 380 millions d’euros en 2008).

3. La rénovation du pilotage et de la coordination des services de renseignement se traduira par la mise en place du Conseil national du renseignement. Présidé par le Président de la République, ce conseil fixera les orientations aux services de renseignement, répartira les objectifs et rendra les arbitrages nécessaires. Parallèlement, le coordonnateur national du renseignement sera le point d’entrée des services de renseignement auprès du Chef de l’Etat.

4. Un nouveau cadre juridique définira l’exercice des missions des services de renseignement et les modalités de la protection du secret de la défense nationale ».

Le principe a été repris dans la loi de programmation militaire adoptée le 29 juillet pour les années 2009-2014. "La gestion sera harmonisée et davantage croisée entre services et entre ministères, notamment dans les domaines du recrutement et de la formation, indiquait le texte. Les parcours de carrière offriront plus de possibilités de mobilité entre les services. Des filières de formation commune seront créées ; la future académie du renseignement y contribuera."

Plusieurs rapports ont parachevé l'édifice. Le premier, confié à Bernard Pêcheur, membre du Conseil d'Etat, était consacré aux ressources humaines dans le domaine du renseignement. Remis au mois de juillet, le document écartait la création d'un statut unique, qui aurait mêlé les agents, mais préconisait la mobilité inter-services. Il insistait, dans ses conclusions, sur la multiplication de passerelles afin de "favoriser l'esprit de communauté". Et sur la nécessité de recruter des contractuels de haut niveau. Ces derniers, tout autant concernés par l'académie, sont de plus en plus présents, qu'il s'agisse de linguistes ou d'ingénieurs en informatique. Et de plus en plus "mutualisés" entre les différentes directions du renseignement, autant par souci d'économie que par esprit de rationalité.

Un second rapport, rendu à la même date par Florian Blazy, maître des requêtes au Conseil d'État, s'attachait, lui, à définir les contours d'une formation commune. Dans le tronc commun, seraient ainsi créés des "modules" de culture générale sur le renseignement, le panorama des menaces, les "règles" du secret, l'encadrement juridique, l'éthique, l'organisation du renseignement et son insertion dans le fonctionnement de l'État. La formation s'étendrait sur quelques semaines, à l'issue desquelles les agents des services spécialisés auraient appris à mieux se connaître. L'école du renseignement pourrait devenir un point de passage nécessaire pour évoluer dans sa carrière et obtenir un grade supérieur.

Le projet se heurte cependant au problème financier, particulièrement sensible avec la révision générale des politiques publiques (RGPP). Le budget de l'académie sera d'ailleurs l'un des points essentiels que va devoir étudier la mission de préfiguration. Pour cette raison également, mais pas seulement, des choix ont été opérés.


A ce stade en effet, la communauté du renseignement exclut les 1 300 policiers de la sous-direction de l'information générale (SDIG), rattachée à la sécurité publique. Créée en septembre 2008 lors de la réforme du renseignement policier, la SDIG est composée d'une bonne partie des effectifs des anciens renseignements généraux, brutalement séparés de leurs collègues qui ont opté pour la DCRI. Les gendarmes, qui tentent de développer leurs missions de renseignement, parfois non sans frictions avec les policiers, et qui possèdent un bureau de liaison antiterroriste, sont également écartés du dispositif.

La mission de préfiguration de l'académie du renseignement ne devrait pas achever ses travaux avant six mois.

 

Isabelle Mandraud.

 

L'Elan Nouveau des Citoyens estime que les mesures mises en oeuvre suite au dernier Livre blanc constituent une réelle avancée. Outre l'augmentation du budget dévolu à cette fonction, la coordination au plus près du pouvoir exécutif et l'accent mis sur la qualité des ressources tant humaines que matérielles, la création d'une académie du renseignement est un autre point majeur. En effet, le risque était grand de voir émerger petit à petit une agence nationale unique. Or, là comme ailleurs, la richesse naît de la diversité. Plutôt que de niveler l'ensemble des pratiques et des identités, il semble préférable de maintenir des organismes spécialisés à la condition de favoriser les échanges inter-services et de coordonner l'ensemble. Cette réforme du renseignement sera, n'en doutons pas, le principal apport de ce Livre blanc.

 

Patrice HUIBAN.

 

 

 

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Nouvelles récentes
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Lundi 5 juillet 2010 1 05 /07 /2010 11:43

Le Figaro.fr, le 29/06/2010.

Un Français trouve comment pirater les outils des hackers.

Pour se débarrasser des menaces sur Internet, ce chercheur a trouvé comment remonter jusqu'aux commanditaires des attaques. Mais cette méthode est aujourd'hui illégale.

Les créateurs de logiciels malveillants ne sont pas à l'abri des attaques. Courant juin, un chercheur français a démontré, lors d'une conférence consacrée à la cybersécurité à Singapour, que les logiciels utilisés pour contaminer des sites Internet et infiltrer des PC pouvaient être eux-mêmes victimes de failles de sécurité. En exploitant ces vulnérabilités, il devient possible de neutraliser les sites piégés par des réseaux de hackers et, dans certains cas, de remonter jusqu'aux commanditaires des attaques.

Si les hackers sont vulnérables, c'est qu'ils manquent parfois d'imagination. Ils achètent des kits d'attaque clés en main, vendus plusieurs centaines de dollars au marché noir. Baptisés Eleonore, MPack ou Neon, ces logiciels venus de Russie sont discrètement implantés dans des sites Internet d'entreprises ou d'administrations qui n'éveillent pas les soupçons. Lorsqu'un internaute se connecte à ces sites, les kits analysent la version du navigateur Internet et du système d'exploitation utilisés et exploitent des failles de sécurité non corrigées. Avec Internet Explorer 6, le taux de contamination serait de 60%. Une technique comparable aurait été utilisée par des assaillants venus de Chine pour infiltrer les ordinateurs de Google l'an dernier.

Une fois contaminés par les kits malveillants, les ordinateurs peuvent être contrôlés à distance et rejoindre des réseaux de PC fantômes, qui servent à propager des virus à l'insu de leurs propriétaires. Mais pour gérer et mettre à jour les kits, les hackers doivent se connecter régulièrement à une interface d'administration. C'est là que se situe leurs points faibles, puisque ces logiciels ne sont pas épargnés non plus par les failles de sécurité. En infiltrant ces kits, il devient possible d'espionner les échanges avec les hackers, d'identifier les adresses IP des assaillants, d'effacer les statistiques des ordinateurs contaminés, voire de détruire toutes traces des logiciels malveillants implantés dans les sites Internet. Le chasseur devient le chassé.

Il existe toutefois un problème de taille. La loi interdit aujourd'hui ce type d'intrusion dans les réseaux pirates, même en cas de légitime défense. «Nous avons prouvé que la technologie peut être créée», explique au Figaro.fr Laurent Oudot, ancien du ministère de la Défense et du Commissariat à l'énergie atomique, qui a lancé sa société de conseil en sécurité au début de l'année, TEHTRI-Security. Dans son esprit, les Etats et les grandes entreprises devraient se munir de telles armes de cyberdissuasion contre les pirates. «C'est une évolution de la cyberguerre. Les Etats-Unis sont forcément en train de se positionner», avance-t-il. L'attaque de Google aurait contribué à faire évoluer les mentalités. Et les pirates s'y préparent. Certaines vulnérabilités des kits malveillants ont déjà été corrigées.

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Nouvelles récentes
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Vendredi 2 juillet 2010 5 02 /07 /2010 17:21

« Un gouvernement adopterait en vain les meilleurs règlements pour organiser une armée, s’il ne s’appliquait aussi à exciter l’esprit militaire dans le pays.

[…] ce fut à l’assemblage des vertus civiques et de l’esprit militaire, […] que les Romains furent redevables de leur grandeur » [1].

 

Cette citation est-elle toujours d’actualité ? Les militaires peuvent-ils se cantonner au rôle d’assurance-vie en cas de crises aigües ? La Nation peut-elle se contenter de déléguer sa défense à des professionnels de l’usage d’une force légalisée sans conserver une « militarité » latente au sein de la population ? Le chef militaire a-t-il toujours sa place dans le débat d’idées sur l’organisation de la Cité ou n’est-il qu’un expert, parmi tant d’autres,  au service du politique ?

 

Face aux turbulences d’un monde soumis à des crises à la fois protéiformes et soudaines, le chef militaire a vocation à dépasser un rôle de simple exécutant pour conseiller et impulser l’action de l’autorité civile à tous les niveaux et en tout temps. Alors que le concept de résilience est mis en exergue, il est étonnant de constater que les valeurs militaires et le militaire sont relativement marginalisés. En effet, ce sont eux qui contribuent à renforcer la robustesse de la Nation et, in fine, sa résilience.

 

 

Pour en savoir plus sur cette réflexion de jeunes officiers supérieurs du Collège interarmées de défense :

 


CHEF MILITAIRE ET AUTORITE CIVILE - CID


[1] Antoine-Henri Jomini, Précis de l’art de la guerre, Editions Perrin, p. 113.

 

 

 

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Réflexions
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Jeudi 1 juillet 2010 4 01 /07 /2010 21:50

Un petit billet pour vous recommander la consultation de deux blogs de référence :

 

-Mon Blog Défense est l'oeuvre d'un consultant défense. Il traite des questions de Défense mais aussi de stratégie et de relations internationales. Très bien organisé et archivé, il recèle en outre un nombre très importants de liens vers de nombreux blogs traitant des mêmes thèmes.

 

-Alliance Géostratégique est animé par quatorze auteurs d'origines variées. Traitant des domaines évoqués ci-dessus, il a en outre l'originalité de publier régulièrement des réflexions de jeunes officiers supérieurs en scolarité au Collège interarmées de défense (CID).

 

Bonne lecture !

 

Patrice HUIBAN.

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Réflexions
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Dimanche 27 juin 2010 7 27 /06 /2010 10:51

20 Minutes.fr, le 26-06-2010.

 

Nouveaux représentants de la nation : les Bleus ou les soldats en Afghanistan ?

 

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Le sort des 3000 soldats français engagés en Afghanistan pour « construire la paix » ne semble intéresser ni les politiques, ni les médias. Aux débats sur la légitimité de leur présence, on préfèrera hélas parler des Bleus, nouveaux représentants de la nation.

Il faut comprendre pourquoi les indécentes bouffonneries des Bleus ont pu être élevées au rang de tragédie nationale : c’est parce que ces mercenaires d’un sport collectif naufragé par l’argent et les enfantillages ont été depuis quelques années abusivement investis de la trop lourde charge de représenter la France que toutes les frustrations nationales, se polarisant sur ces symboles inadéquats, ont hystérisé l’enjeu de la Coupe du Monde. D’où cette sur-réaction, tant face au comportement odieux de ces enfants gâtés qu’au résultat pathétique de leur odyssée.

Le décalage n’est que plus grand avec le sort – l’indifférence et le silence – réservé à ce que fut longtemps l’incarnation de la nation, avant qu’elle ne soit réduite aux évolutions d’un ballon rond sur un écran plat : l’Armée. Un 44ème soldat Français est mort la semaine dernière en Afghanistan : à peine quelques lignes dans les quotidiens, quelques secondes dans les journaux télévisés. « Le brigadier décédé serait un guadeloupéen de 27 ans », avance avec hésitation une presse qui sait nous renseigner avec beaucoup plus de précision sur les secrets de chambrée des Bleus. Pour la quarante-quatrième fois Nicolas Sarkozy a fait part de sa « grande tristesse » et, sur les blogs, les militaires, de moins en moins muets, se désolent en constatant que, passée la dizaine de morts, les corps des soldats français rapatriés chez eux n’intéressent plus guère que ceux (officiers, préfets, ministres) dont c’est le métier de s’émouvoir officiellement dans ces circonstances.

 

Mais au-delà de l’émotion dérobée, c’est l’absence de débat sur cette présence française en Afghanistan qui surprend, comparé à l’ampleur de la cacophonie sur les enjeux stratégiques considérables d’une vingtaine de post-adolescents habiles sur le gazon pour le moral de la nation. Il y a tout de même plus de 3000 militaires français engagés dans un conflit dont on ne saisit vraiment ni les contours ni les objectifs. Les soldats déjà tombés au nom de la France (c’est du moins ce qu’on leur accorde encore officiellement) et ceux qui restent méritent-ils moins d’attention que les héros qui portent les couleurs de SFR, Carrefour et Adidas ? Au moins les Bleus savaient ce que l’on attendait d’eux, même s’ils n’étaient pas à la hauteur, tandis que les soldats envoyé à Kaboul - qui sont bien obligés, eux, d’être à la hauteur - s’aperçoivent que tout le monde se désintéresse de ce qu’ils peuvent bien faire là-bas.

 

A quand remonte le dernier débat politique sérieux sur leur mission ? La stratégie française se limite à la participation à un engagement américain dont la finalité semble elle aussi de moins en moins évidente comme en témoigne l’éviction par le Président Obama du Général commandant les troupes américaines en Afghanistan qui s’interrogeait à trop haute voix sur sa propre mission. Le gouvernement français s’explique peu sur notre engagement, mais il faut bien constater que l’opposition, guère plus au clair sur le sujet, ne le lui demande pas… Comme la folie autour des Bleus, le déficit de débat sur l’engagement en Afghanistan est aussi une particularité française en Europe. Les discussions sont vives en Grande-Bretagne et en Allemagne et, au début de l’année, ce sujet a même provoqué une crise gouvernementale et des élections anticipées aux Pays-Bas. Chez nous, politiques et journalistes se désintéressent de cet enjeu à la notable exception de Jean-Dominique Merchet, journaliste à Libération, dont l’excellent livre « Mourir pour l’Afghanistan », (Edition Jacob-Duvernet) - démontrant clairement pourquoi il fallait partir au plus vite - n’a guère provoqué d’état d’âme.

 

Comme si l’engagement militaire s’était dénationalisé, relevant d’une technique professionnelle comme une autre, avec ses accidents du travail. Seule prise de position officielle notable : la réponse à la revendication des milliers de soldats qui sont passés par l’Afghanistan, qui en sont revenus vivants, et qui demandent le bénéfice de la « campagne double »  pour le calcul de leur future pension de retraite. Le gouvernement refuse, pour deux raisons. D’abord, ne pas alourdir les finances publiques en période d’économie. Mais aussi ne pas céder sur la condition permettant l’ouverture de ce droit : admettre que ces soldats ont été engagés dans une « guerre ». Or Bernard Kouchner l’a encore répété récemment: « Nous ne sommes pas en guerre contre quiconque : nous construisons la paix ». Rien de préoccupant, donc, comparé à l’immense drame national des Bleus.

 

Par Eric Conan.

 

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Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /2010 12:26

Un article intitulé "Afghanistan : nous ne devons pas perdre" est paru le 19 juin dans Le Figaro. Son auteur est le général Desportes, directeur du Collège Interarmées de Défense (CID, ex-Ecole de Guerre).


Article Gal Desportes 19-06-2010

 

Effectivement, nous ne pouvons pas perdre cette "guerre de l'avant". Si nous échouons, cette défaite de l'Occident ne fera qu'encourager nos ennemis. Oui, nous avons des ennemis, des hommes et des femmes qui sont prêts à tout pour détruire notre civilisation et nos valeurs qu'ils exècrent. Ces individus nous combattent en Afghanistan mais sont également présents sur notre territoire, testant notre volonté jour après jour. Perdre à Kaboul, c'est se préparer, à terme, à devoir se battre sur notre propre territoire national. Le peuple français prend petit à petit conscience de cette menace. Aux dirigeants politiques républicains, prompts à dénoncer les errances de leurs aînés durant les années trente, de réagir.

 

L'esprit Munichois est toujours là...

 

Patrice HUIBAN.

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Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /2010 16:56

 

 

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Le général Bigeard s'est éteint ce matin à 94 ans. Par son sens de l'engagement au service de la Nation et de la Patrie, il a incarné l'idéal démocratique qui est tout sauf un régime de faiblesse s'appuyant sur des citoyens passifs, égoïstes et des décideurs pusillanimes. Face à notre société en mal d'idéal collectif, à une ou deux générations près, il aurait pu être notre Périclès.

Adieu mon général. Partez en paix car vos idées ne sont pas mortes. En ce 18 juin 2010, elles sont plus que jamais porteuses d'espoir pour le peuple français et la France que vous avez tant aimés.

Patrice HUIBAN.

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Mercredi 16 juin 2010 3 16 /06 /2010 19:23

 

Une nouvelle génération d'officiers des armées et de la gendarmerie réinvestit le débat d'idées. Pour preuve, rien qu'au Collège interarmées de défense (ex-Ecole de guerre), ils sont nombreux à s'être exprimé dans des revues spécialisées Défense, mais aussi dans des médias généralistes de référence...

 

Lien : http://www.college.interarmees.defense.gouv.fr/spip.php?article1118.

 

Il faut espérer que la haute hiérarchie militaire tout comme le politique, si prompt à défendre le dialogue et la liberté d'expression de façon générale, ne brident pas ce nouvel élan. En effet, la résilience d'une Nation dépend, in fine, de la qualité de son outil militaire et de sa compréhension par le politique. En conséquence, et sans remettre en cause la loyauté du militaire à l'égard du pouvoir civil légitime, il est impératif d'encourager la réflexion et l'esprit critique au sein de nos armées. Le caractère protéiforme et soudain des crises actuelles et à venir appelle un retour du militaire dans le débat d'idées et d'un esprit militaire au sein de la population.

 

Bonnes lectures !

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Nouvelles récentes
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